Un nouvel impôt sur le CO2 pour tous en Allemagne ? // Le fantôme de Franco plane toujours au-dessus de l′Espagne | Vu d′Allemagne | DW | 08.05.2019
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Vu d'Allemagne

Un nouvel impôt sur le CO2 pour tous en Allemagne ? // Le fantôme de Franco plane toujours au-dessus de l'Espagne

Vu d'Allemagne revient sur un débat qui agite l'Allemagne en ce moment : l'introduction éventuelle d'un nouvel impôt sur le CO2 qui toucherait tous les citoyens. Il vise à protéger l'environnement mais pose de nombreuses questions. Dans ce magazine aussi : reportage en Espagne où l'exhumation prochaine du dictateur Franco divise le pays.

Écouter l'audio 15:34

Eine CO2-Steuer, un impôt sur le CO2. Télés, radios, parlement, réseaux sociaux ... Le sujet fait débat un Allemagne en ce moment. Pour réduire ses émissions, le gouvernement envisage en effet de taxer davantage ceux qui émettent ce gaz nocif pour la planète.

Un gaz émis en majorité par nos usines, nos voitures ou encore nos chauffages. L'idée serait de le taxer pour inciter à en produire moins. Le gouvernement allemand s'est en effet engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici 2020 par rapport aux chiffres de 1990. Réduction prévue même de 80 à 95 % d'ici 2050. 

En quoi consisterait la taxe ? 

Pour faire simple, ce serait une taxe sur tout ce qui produit du CO2 : vous achetez de l'essence, il y a une taxe en plus. Vous achetez du fioul ou du gaz pour votre chauffage, il est plus taxé qu'avant...

Le gouvernement cherche des solutions réduire la production de CO2, pour atteindre ses objectifs, pris lors des conférences mondial sur le climat au fils des ans.

Il existe déjà un système de taxation pour certaines entreprises, mais la taxe concernerait désormais tous les citoyens. On calculerait combien une activité ou la production d’un produit nécessite de tonnes de CO2 et on ajouterait le prix de cette tonne de CO2 à l'activité ou au prix du produit vendu. 

Deutschland Friday for Future Köln (DW/G. Rueter)

Les jeunes du mouvement Friday for Futur réclament notamment la mise en place d'une taxe sur le CO2

Combien ça coûterait ? 

Tout dépend du prix auquel est fixé la tonne de CO2. Le magazine Spiegel Online a calculé le surcoût pour certains produits et services si le prix de cette tonne était fixé à 180€.

Résultat : plus 43 centimes pour un litre d'essence, plus 317 euros d'électricité pour un couple avec enfant chaque année, plus quatre centimes pour un kilo de pommes de terre, deux euros pour un tee-shirt ou encore plus de 650 euros pour un vol entre Düsseldorf en Allemagne et New-York aux Etats-Unis. C'est beaucoup, mais les calculs ont donc été faits sur la base de 180 euros pour une tonne de Co2.

On évoque un impôt éventuel à 30 euros aujourd'hui, voir 50 ... Rien n'est fixé en fait. Die Grünen, les Verts, favorables à la mesure, proposent de fixer un prix à au moins 40 euros.

"La science nous dit qu'un prix du CO2 à partir de 40 euros la tonne a vraiment un effet d'entraînement. Parce que l'avantage de fixer un prix du CO2, c'est que ça crée des incitations. Il vaut alors la peine pour les entreprises de passer à des technologies respectueuses du climat, ce qui n'est pas le cas si les droits de pollution sont bon marché", estime Ska Keller, tête de liste des Verts en Allemagne pour les élections européennes. 

Braunkohlenkraftwerk von RWE , Braunkohlekraftwerk, Neurath in NRW, CO2-Ausstoss (picture-alliance/dpa)

L'électricité produite avec le charbon serait davantage taxée car plus polluante

Quelles sont les positions des différents partis ? 

Die Grünen, Les Verts, sont favorables à une telle taxe, réclamée récemment encore pour les jeunes du mouvement "Friday for Future" lors des manifestations du vendredi. C'est le cas aussi du parti Die Linke, La Gauche. 

Les autres sont beaucoup plus divisés, ou carrément contre. Certains affichent aussi des positions très floues ... Difficile pour certains d'assumer une position à 100% pour, alors que la mesure est très impopulaire et que lesélections europénnes ont lieu le 26 mai prochain. 

La ministre de l'Environnement Svenja Schulze est du SPD, mais les membres de son parti sont divisés sur la question. Tête de liste SPD aux européennes, Udo Bullmann évoque par exemple l'idée d'un "paquet global" et non "une mesure unique" pour parler de cette taxe.

Une manière de se dire favorable à la taxe, si elle est accompagnée d'autres mesures, sans trop s'engager ... "Nous ne voulons pas imposer de charges supplémentaires aux revenus moyens et faibles. Cela signifie que nous allègerons la charge qui pèse sur les consommateurs ailleurs", dit Carsten Träger, député du SPD en Bavière. 

Gelbwesten-Protest in Paris (AFP/Getty Images/A. Jocard)

En France, le mouvement des Gilets Jaunes a débuté notamment pour protester contre de nouvelles taxes sur l'essence

Dans le camp de la chancelière Angela Merkel, la CDU et la CSU, les divisions sont encore plus grandes sur la question. La cheffe du parti CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a rejeté l'idée tout récemment, s'attirant les foudres d'autres membres du parti. "Moi, je crois aux solutions technologiques", disait mardi matin sur la chaîne ZDF Manfred Weber, tête de liste CDU aux élections européennes, lui aussi opposé à une taxe. 

"Notre façon de procéder est de procéder à la révolution technologique pour y promouvoir la recherche et non pour punir les plus faibles de la société parce qu'ils n'en ont pas les moyens". 

D'autres encore se disent favorables à un système de taxe au niveau européen, pour ne pas pénaliser les citoyens ou les entreprises allemandes. Mais tout cela semble aujourd'hui très compliqué, pourrait prendre des années. Alors qu'il faut agir vite, selon les spécialistes.

Ils proposent donc de commencer au niveau national, avant d'étendre au niveau européen. Reste à savoir sous quelles conditions. Une taxe unique et au même niveau pour tous pénaliserait davantage les citoyens ayant les revenus les plus bas... 

Quand le gouvernement tranchera-t-il ? 

Une réunion gouvernementale sur le sujet est prévue déjà pour le mois de juillet. Tout cela entre dans le débat autour d'une nouvelle loi pour le climat prévue pour la fin de l'année. 

Sur le continent, la Suisse a déjà un tel système. La France devait aussi mettre en place de nouvelles taxes sur le carburant tout récemment... C'est ce qui a en partie déclenché la crise des "gilets jaunes" qui dure depuis des mois. 

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L'exhumation de Franco divise l'Espagne

Spanien Es Escorila Franco Gedenkstätte (picture-alliance/dpa/A. Lazaro)

L'ancien dictacteur Francisco Franco ne sera plus enterré à El Valle de los Caídos (La vallée de ceux qui sont tombés) à partir du 10 juin prochain

Dans la seconde partie de Vu d'Allemagne, nous prenons la direction de l'Espagne. Avec le fantôme de Franco qui plane toujours au-dessus du pays... 

Franco, c'est le chef de l'Etat et dictateur entre 1939 et 1975 en Espagne, dont le régime a fait des milliers de victimes. Mort en 1975, il est aujourd'hui enterré dans une tombe officielle dans le mausolée du Valle de los caidos près de Madrid. 

Le gouvernement socialiste a décidé que ce ne serait plus le cas à partir du mois de juin. Le dix de ce mois, son corps sera exhumé pour être enterré dans un lieu privé pour lui retirer son importance. 

Une exhumation réclamée depuis longtemps par les familles de victimes du franquisme ... Pourtant, elle divise l’opinion et a même réveillé les nostalgiques du régime. Un reportage de notre correspondant Henri de Laguérie.

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