La politique, cet univers impitoyable // Les footballeuses du Soudan, des battantes | Vu d′Allemagne | DW | 05.06.2019
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Vu d'Allemagne

La politique, cet univers impitoyable // Les footballeuses du Soudan, des battantes

En Allemagne, la première femme élue à la tête du parti social-démocrate, Andrea Nahles, a claqué la porte du parti - et de la vie politique - après la défaite du SPD aux élections européennes. // La Coupe du Monde de football féminin démarre, la première équipe nationale féminine du Soudan aurait bien voulu y participer. En attendant, elles sont les stars d'un film documentaire.

Écouter l'audio 18:54

Un peu plus d'un an et un mois, c'est le temps qu'Andrea Nahles aura passé à la tête du plus vieux parti d'Allemagne, le SPD social-démocrate. 

Elue en avril 2018 sur la promesse d'y "arriver ensemble", l'ancienne ministre de l'Emploi n'a pas réussi à redresser la barre après la défaite du parti aux élections législatives de 2017. 

L'alliance gouvernementale avec les chrétiens-démocrates d'Angela Merkel, un mariage de raison auquel le SPD avait dû se résigner pour éviter de nouvelles élections, n'a pas profité aux sociaux-démocrates.

Et le parti a essuyé un nouveau revers aux élections européennes du 26 mai dernier, en récoltant seulement 15,5% des voix.

Désavouée en interne, Andrea Nahles a rendu son tablier avant un vote qui lui aurait été probablement défavorable. Selon la politologue Daniela Heimerl, elle était contestée depuis le début de son mandat, notamment par le chef des jeunes sociaux-démocrates ou "Jusos", Kevin Kühnert.

"C'est quelque chose qui a été alimenté depuis longtemps dont un des moteurs a été le chef des Jusos Kevin Kühnert, qui par ses manœuvres a participé à ce démontage. Pleurer maintenant comme il l'a fait en disant qu'il a honte, ce sont des larmes de crocodiles et cela donne de nouveau une image du parti désastreuse parce que personne qui suit la politique au quotidien en Allemagne ne croit qu'il pleure sur sa chute."

Le départ d'Andrea Nahles plonge le SPD dans une crise existentielle

Le départ d'Andrea Nahles plonge le SPD dans une crise existentielle

L'annonce du retrait d'Andrea Nahles de la vie politique en a choqué plus d'un en Allemagne. C'est le cas de Pierrette Herzberger-Fofana.

Cette membre du parti des Verts allemands vient, elle, d'être élue au Parlement européen. C'est justement depuis le train pour Bruxelles qu'elle nous a livré sa réaction:

"J'avoue que cela m'a fait beaucoup de peine pour elle, c'est une femme très engagée, que j'apprécie. Elle a dû être tellement blessée dans son amour propre et dans ses convictions. Ca fait mal au cœur parce qu'on se dit que si un grand parti comme celui de M. Willy Brandt a pu détruire au moins moralement une telle politicienne, ça pose problème."

Pierrette Herzberger-Fofana aurait souhaité un mouvement de solidarité, au moins de la part des femmes du parti d'Andrea Nahles. Car le milieu politique est sans pitié, explique-t-elle. 

"Les femmes qui sont dans la politique doivent être très bonnes ou s'engager à fond, montrer toujours des choses extraordinaires. Et nous autres, femmes issues de l'immigration, on doit être parfaites. Et si on ne l'est pas, on va en ressentir tout de suite les effets."

Le retrait fracassant d'Andrea Nahles met en lumière une facette peu reluisante du milieu politicien. Mais ce n'est pas un phénomène nouveau, rappelle la politologue Daniela Heimerl.

"Je pense que les relations dans le milieu politique sont exécrables, mais ça a toujours été comme ça. Par exemple dans les années 60, Herbert Wehner détestait Willy Brandt. On peut aussi citer Willy Brandt et Helmut Schmidt ou Gerhard Schröder et Joshka Fischer quand ils ont formé la première coalition rouge-verte à la fin des années 1990. On peut aussi citer Angela Merkel qui a déboulonné un certain nombre d'hommes politiques."

Chez les Verts non plus on n'est pas à l'abri des coups bas selon Pierrette Herzberger-Fofana

Chez les Verts non plus on n'est pas à l'abri des coups bas selon Pierrette Herzberger-Fofana

Aucun parti politique n'est à l'abri des coups bas, renchérit Pierrette Herzberger-Fofana. Elle explique la brutalité du milieu politique par la concurrence impitoyable qui y règne.

"On fait de beaux discours, mais dans la réalité ce n'est pas du tout beau. C'est ce qu'a dû vivre Andrea Nahles. Les coups bas existent dans tous les partis. Les partis, ce sont des sociétés en miniature, c'est tout."

Le départ d'Andrea Nahles a provoqué une crise existentielle du SPD qui a nommé un trio pour assurer l'intérim d'ici le 24 juin. C'est à cette date que le parti social-démocrate se choisira un nouveau ou une nouvelle chef.fe... 

Avec un gros défi à la clé: faire remonter le parti dans les sondages d'ici les prochains rendez-vous électoraux: les élections régionales qui ont lieu à l'automne dans trois régions de l'ex-Allemagne de l'Est dont le Brandebourg et la Saxe, où le parti d'extrême droite AfD est arrivé en tête aux européennes. La mission s'annonce difficile.

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Un film pour les footballeuses du Soudan

Marwa Zein, réalisatrice d'un film sur l'équipe féminine de football soudanaise

Marwa Zein, réalisatrice d'un film sur l'équipe féminine de football soudanaise

Un autre milieu où la concurrence est reine et où les entraîneurs sont poussés vers la sortie quand ils ne sont pas à la hauteur... Exceptionnellement dans Vu d'Allemagne, on parle de football puisque puisqu'en ce mois de juin se déroule le Mondial féminin de football. 

Le football féminin, un sport où même en Allemagne, les femmes luttent pour être respectées, reconnues et d'ailleurs connues tout court. 

Au Soudan, la lutte des femmes pour le droit de former une équipe nationale de football a été un défi politique. La réalisatrice Marwa Zein a suivi ces femmes courageuses qui luttent depuis des années pour enfin pourvoir participer à la coupe du monde...

Cette année, elles n’y sont pas parvenues. Pour autant, elles ont pu remporter une grande victoire: le documentaire de Marwa Zein a été sélectionné pour la Berlinale qui avait lieu en février dans la capitale allemande. Clarissa Herrmann a rencontré la réalisatrice lors de la projection du film.