Cameroun : quels sont les résultats du grand dialogue national ? | Arbre à palabre | DW | 11.10.2019
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Arbre à palabre

Cameroun : quels sont les résultats du grand dialogue national ?

Si plusieurs opposants dont Maurice Kamto ont été libérés après le grand dialogue national, ce n'est pas le cas des militants sécessionnistes et de leur leader Sisiku Julius Ayuk Tabe, condamnés en août à la prison à vie. Une partie de l'opinion souhaiterait que les mesures d'apaisement s'appliquent à tous les acteurs de la crise qui secoue le pays.

Écouter l'audio 44:41

 

Après neuf mois de prison Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et principal opposant au président Paul Biya a été libéré le samedi 5 octobre. Cette libération est intervenue au lendemain de la décision du président Paul Biya d'arrêter les poursuites à son encontre et plusieurs de ses partisans dans le but de tenter de sortir le Cameroun des crises multiples que traverse le pays.

Maurice Kamto était incarcéré depuis fin janvier 2019 avec des centaines de ses partisans à la suite de manifestations pacifiques organisées pour protester contre les résultats de la présidentielle d’octobre 2018. Ils étaient poursuivis par la justice militaire, notamment pour "insurrection", un crime passible de la peine de mort, même si celle-ci n'est plus appliquée au Cameroun.

Kamerun Haftentlassung - Maurice Kamto (AFP)

L'opposant Maurice Kamto le jour de sa libération à Yaoundé le 5 octobre 2019.

Plusieurs autres personnalités de l’opposition ont également été libérés : l'ex-conseiller économique du président Biya, Christian Penda Ekoka, l'avocate Michèle Ndoki, ou encore le célèbre rappeur Valsero, connu pour ses textes critiques à l'égard du pouvoir.

Par ailleurs, 333 personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone ont également été libérées.

"Grand Dialogue National"

Ces séries de libérations sont intervenues quelques heures seulement après la clôture du grand dialogue national, convoqué par le président pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones dans l'ouest du pays.

Les participants à ces assises qui ont duré cinq jours ont recommandé la libération de tous les détenus politiques, l’adoption d’un statut spécial des régions anglophones du Cameroun duNord-Ouest et du Sud-Ouest du pays  en proie à des tensions depuis deux ans et où vit la plus grande partie de la minorité anglophone du pays (16%). Celle-ci s’estime victime de “stigmatisation” par le pouvoir fortement centralisé de Yaoundé.

Kamerun Präsident Paul Biya (picture-alliance/AP Photo/S. Alamba)

Le président Paul Biya.

Le statut spécial  souhaité  octroierait à ces deux régions, s’il était appliqué par le pouvoir central, une plus grande autonomie financière, la possibilité d‘élire leurs gouverneurs locaux autrefois nommé par l’exécutif et le rétablissement d’une chambre des chefs traditionnels.

Samuel Ikome Sako Separatistenführer in Ambazonia (Privat)

Julius Ayuk Tabe, le leader séparatiste a été condamné à la prison à perpétuité le 20 août 2019.

Cependant, une partie de l’opinion regrette que les militants sécessionnistes et leur leader Sisiku Julius Ayuk Tabe, condamnés en août à la prison à vie n’aient pas été libérés au terme du dialogue.

Le pouvoir a-t-il commis une erreur politique ?

Eric Topona en débat cette semaine avec ses invités :

- Cindy Morillas, politiste, chercheuse associée à la Fondation Paul Ango Ela et au laboratoire Les Afriques dans le Monde - Sciences Po Bordeaux.

Stéphane Akoa, politologue et chercheur à la Fondation Paul Ango Ela de Yaoundé.

Eric Chinje, anglophone, ancien présentateur vedette de la télévision nationale camerounaise, ancien porte-parole de la Banque mondiale. Il a pris part aux travaux du grand dialogue national.

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