La rivalité entre la France et la Russie se joue aussi en Afrique | Afrique | DW | 08.06.2021
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Politique

La rivalité entre la France et la Russie se joue aussi en Afrique

La France veut conserver son influence politique, économique et diplomatique dans ses ex-colonies d'Afrique. La Russie, elle, joue la carte de l'hostilité à la politique française pour gagner des points.

En octobre 2019, la rencontre entre Faustin Archange Touadéra et Vladimir Poutine

En octobre 2019, la rencontre entre Faustin Archange Touadéra et Vladimir Poutine

La France a décidé de geler son aide budgétaire à la Centrafrique et de suspendre sa coopération militaire avec Bangui. Cette mesure est une réponse aux liens supposés du pouvoir centrafricain avec une campagne antifrançaise initiée par les Russes, d'après Paris. Cette décision illustre une fois de plus la rivalité croissante de la France et de la Russie en Afrique.

>>> A lire aussi : Des mercenaires russes en Centrafrique

La Russie se présente comme une alternative aux politiques néocoloniales de Paris. Et certains y adhèrent, comme ces Maliens (photo d'archive)

La Russie se présente comme une alternative aux politiques "néocoloniales" de Paris. Et certains y adhèrent, comme ces Maliens

Le point sur les manifestations et les raisons de cette rivalité avec Louis Magloire Keumayou, journaliste et président du Club de l'information africaine.

>>> A lire aussi : Ce que les Centrafricains attendent de leurs députés

Écouter l'audio 04:29

Interview avec Louis Magloire Keumayou

"Il est clair qu'il y a une guerre, une guerre de communication entre la Russie et la France sur le continent. Est-ce que le fait de reconstituer la guerre froide et vise à apporter aux pays africains un mieux-être? Je n'en suis pas certain", dit Louis Magloire Keumayou, président du Club de l'information africaine. Il est aussi l'auteur, avec Jean-Paul Agboh Ahouélété, du livre "Togo - Une démocratie en construction", paru en 2020 chez Michel Lafon.

 ***

Extrait de l'interview de Louis Magloire Keumayou par Sandrine Blanchard.

DW: Est-ce que les accusations de la France, selon lesquelles le Kremlin orchestrerait des campagnes hostiles à la politique française en Afrique, sont crédibles?

Là dessus, on a déjà un élément précis : Facebook a détecté des comptes francais et russes qui faisaient de la propagande et qui ont été suspendus  pour cette raison-là. Il est clair qu'il y a une guerre, une guerre de communication entre la Russie et la France sur le continent.

Alors, est-ce que le fait de reconstituer la guerre froide et aide à stabiliser les pays, à leur apporter un mieux-être? Je n'en suis pas certain.

DW : Si je vous entends bien, ça voudrait dire que la Russie, qui joue aussi sur la vague d'hostilité en direction des anciennes puissances coloniales, en fait n'a pas de véritable alternative à proposer. Cela signifie que ses objectifs sont les mêmes que ceux de ses rivaux ?

Non on ne peut pas mettre les deux pays sur un pied d’égalité. Entre la France et ses anciennes colonies en Afrique, il y a un rapport de domination qui ont aujourd’hui ne peut plus être accepté. C’est pour cela qu’il y a tant de partisans de l’abolition du Franc CFA sur le continent africain.

La Russie, elle, a été là au moment où les pays africains se battaient pour leur indépendance. […]

D’un côté on a une ancienne puissance dominante qui a perpétué sa domination à travers la Françafrique et de l’autre, il y a un rival qui dit : "Je peux vous apporter la voix qui peut vous faire défaut si on vous attaque au Conseil de sécurité et vous procurer les ventes d’armes qui seraient sinon refusées." La Russie peut poser son veto pour protéger son client.