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Le président allemand Frank-Walter Steinmeier durant l'interview accordée à DW-TV (28 novembre 2022)
Frank-Walter Steinmeier a été interviewé par Rosalia Romaniec de DW-TVImage : Nina Haase/DW
PolitiqueAllemagne

Interview avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier

Sandrine Blanchard | Rosalia Romaniec
29 novembre 2022

Le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier, a accordé une interview à DW-TV. Il y évoque la Chine, l'Ukraine et les Balkans occidentaux notamment.

https://p.dw.com/p/4KCRp

Le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier, évoque dans son interview accordée à DW-TV notamment la question de la Chine, où des manifestations monstres ont été organisées ces derniers jours. Le chef de l'Etat fait part de sa compréhension pour les mouvements de protestation contre les restrictions sanitaires drastiques établies par les autorités pour lutter contre la Covid-19. 

"Nous nous souvenons tous de notre propre combat contre le coronavirus, contre la pandémie, et nous avons encore en mémoire à quel point cela a pesé sur beaucoup de personnes en Allemagne, déclare Frank-Walter Steinmeier. Nous ne pouvons qu'imaginer l'ampleur du fardeau pour les habitants de la Chine, où les mesures sont beaucoup plus strictes, beaucoup plus durables et continuent jusqu'à aujourd'hui.

Et c'est pourquoi je comprends que les gens manifestent leur impatience et se plaignent dans les rues. En tant que démocrate, je ne peux que rappeler que la liberté d'expression est un bien important. Ce que nous voyons nous laisse espérer que les autorités publiques chinoises respectent ce droit à la liberté d'expression, la liberté de manifester. Et bien sûr, j'espère que les manifestations resteront pacifiques."

Rassemblement à Taïwan en soutien aux manifestations en Chine (photo du 27 novembre 2022)
Les citoyens chinois expriment leur ras-le-bol des restrictions anti-Covid-19Image : Yuchen Li/DW

Une guerre contre les civils

Autre thème abordé : la guerre en Ukraine. Le président allemand condamne les attaques "brutales” de l'armée russe contre les infrastructures énergétiques en Ukraine qui sont selon lui "des attaques contre la population civile qui ne peut plus se chauffer. Frank-Walter Steinmeier dénonce la "stratégie de guerre" pour laquelle a opté le Kremlin.

Il estime toutefois que les conditions ne sont actuellement pas réunies pour un cessez-le-feu immédiat qui ne ferait qu'entériner de fait les annexions de pans entiers du territoire ukrainien par la Russie.

Frank-Walter Steinmeier argumente par le fait qu'"un cessez-le-feu maintenant signifierait que la Russie garde pour elle un territoire occupé et que les violations des frontières, le non-respect du droit international et la spoliation des terres seraient ainsi également approuvés”. Or, pour le président allemand, "cela ne peut pas être le sens d'un cessez-le-feu”. Et le chef de l'Etat admet que "malheureusement, à l'heure actuelle, [il] ne voi[t] pas encore d'issue" au conflit en Ukraine.

Une aire de jeux sous la neige devant un immeuble détruit à Borodianka, en Ukraine.
Avec l'arrivée du froid de l'hiver, la population ukrainienne a de plus en plus de mal à se chaufferImage : Philip Reynaers/BELGA/dpa/picture alliance

Suite à son voyage sur place en octobre dernier, le président fédéral témoigne par ailleurs de la "gratitude” des Ukrainiens envers l'Allemagne pour son aide. "Je pense que le gouvernement a choisi la bonne manière de soutenir” l'Ukraine, à la fois sur les plans "humanitaire, financier, économique et militaire”, estime-t-il.

Par ailleurs, le chef de l'Etat souligne qu'"il ne faut pas en venir à utiliser d'armes nucléaires". Selon lui, le G20 et "la quasi-totalité du reste du monde" sont d'accords sur ce point. 

 L'UE et les Balkans occidentaux

Frank-Walter Steinmeier va se rendre dans les prochains jours en Albanie et en Macédoine du Nord. Il entend ainsi montrer à ces pays que les Balkans occidentaux ne sont pas les "oubliés” de la guerre en Ukraine. 

Selon lui, l'Union européenne peut envisager d'ouvrir des processus d'adhésion avec certains Etats de la région "si les progrès attendus sont réalisés" par ces Etats, notamment en matière de respect des droits de l'Homme et de réformes démocratiques.