Blocages, occupations ... Extinction Rebellion : stop ou encore ? // Au Brésil des dentistes prennent en charge les femmes violentées | Vu d′Allemagne | DW | 09.10.2019
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Vu d'Allemagne

Blocages, occupations ... Extinction Rebellion : stop ou encore ? // Au Brésil des dentistes prennent en charge les femmes violentées

Le mouvement écologiste Extinction Rebellion multiplie les actions coups de poings en Allemagne et sur toute la planète. Des actions qui ne font pas toujours l'hunanimité mais que les activistes défendent. Dans ce magazine aussi, reportage et témoignages rares au Brésil, où des dentistes prennent en charge des femmes violentées et défigurées par leur mari.

Écouter l'audio 12:56

C'est une constante dans les divers sondages qu'on peut découvrir au quotidien en Allemagne : le changement climatique est devenu la préocupation première des Allemands, devant les questions de migration par exemple. Et ce alors même que le mouvement Extinction Rebellion organise, depuis lundi six octobre et jusqu'au vingt octobre prochain, deux semaines de protestations et d'actions, en Allemagne et à travers le monde. Des actions souvent spectaculaires pour demander davantage d'actes et de décisions fortes pour contrer le réchauffement climatique. 

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Extinction Rebellion, c'est quoi ?

Exctinction Rebellion est un mouvement mondial, né au Royaume-Uni fin 2018 et qui s'est étendu rapidement dans le monde entier. Il compte des groupes locaux dans plus de 70 pays aujourd'hui. C'est le cas en Allemagne, au Burkina Faso, au Ghana, en Côte d'Ivoire, en Afrique du Sud ou encore en RDC. 

Le mouvement indique avoir trois exigences principales : 
-La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles avec une communication honnête sur le sujet. 
-La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025.
-Et la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable. 

Umweltaktivisten errichten Klimacamp vor Kanzleramt, Teilnehmer der Umweltbewegung Extinction Rebellion (imago images/A. Friedrichs)

À Berlin un "camp climat" a été installé devant la Chancellerie

Quelles actions ?

Depuis ce lundi 6 octobre, de Sydney, au Cap en passant par Berlin ou Londres, les activistes annoncent des occupations de centres commerciaux, de bureaux politiques, des blocages de rues ... "Nous avons décidé de le faire parce que depuis trois décennies, les manifestations et les pétitions n'ont rien donné", explique Tino Pfaff, activiste à Berlin. "Même Fridays For Future, le noyau du mouvement pour le climat, n'a rien accompli avec ses manifestations déclarées classiques. Nous devons donc aller plus loin. C'est notre devoir." "Il ne suffit plus de simplement d'agiter des drapeaux et de faire des manifestations. Nous devons dire clairement à quel point la situation est grave", ajoute Luca Ahlers, une autre activiste.

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Quelles critiques ?

Les arrestations se multiplient depuis le début du mouvement, car les actions coup de poing ne sont pas de simples manifestations, mais des actions de désobéissance civile qui entravent la loi ou la liberté de circulation de certains. Ca provoque de nombreux débats, en Allemagne notamment, où les gens sont divisés quant à la légitimité de ces actions. "Je pense que ce n'est pas bien, nous avons besoin d'un large consensus dans la société et l'extrémisme n'aide pas", confie un automobiliste bloqué par les manifestants à Berlin. "Je ne sais pas ce qu'ils veulent faire ! À part créer plus de trafic automobile, ce qui n'est pas très respectueux du climat", s'énerve un autre. 

Blocage matinal près de la porte de Brandebourg le 7 octobre

Blocage matinal près de la porte de Brandebourg le 7 octobre

Faire quelque-chose, montrer son mécontentement par la désobéissance civile, pour arriver à des résultats concrets. C'est l'idée d'Extinction Rebellion. Les activistes évoquent souvent le chiffre de 3,5%. "Dans la plupat des révolutions, la majorité des gens ne font rien", disent-ils. "Mais si on arrive à mobiliser 3,5% de la population, ça peut avoir des impacts sur le quotidien, l'économie, l'opinion publique, et ainsi on arrivera à faire bouger les choses". 

Le modèle du mouvement des droits civiques

Ce système radical pourrait payer selon le sociologue du droit Tobias Eule, qui enseigne en Suisse et en Allemagne, à Hambourg. "En règle générale, les mouvements de protestation sont couronnés de succès s'ils arrivent à envoyer des signaux au public importants, performants et qui provoquent des changements par des procédures juridiques, administratives ou des procédures législatives", explique-t-il.

Une stratégie que le sociologue compare à un vieux mouvement, couronné de succès par le passé. "Le mouvement américain des droits civiques a commencé de la même façon : ils ont délibérément forcé des arrestations planifiées à l'avance et forcé les tribunaux à parler du régime d'exclusion", rappelle-t-il. "Ils ont formé des organisations pour payer les frais de justice des personnes qui sont arrêtées en tant que victimes afin de lancer le débat."

Pour Extinction Rebellion, les règles et les comportements à adopter pour arriver à des résultats concrets sont répertoriés dans une brochure d'une cinquantaine de page destinée aux activistes. Seule barrière que se fixe le mouvement aujourd'hui : celle de la violence. "Bien sûr, il y a des lignes rouges et nous sommes conscients de cette responsabilité", confie Annemarie Botzki, d'Extinction Rebellion Allemagne. "Nous voulons emmener beaucoup de gens avec nous, mais en aucun cas je trouve qu'il faille que quelque chose soit interprété comme de la violence, nous ne voulons pas y glisser, nous y prêtons attention.

Lancer le débat, attirer l'attention et ne pas relâcher la pression, l'avenir dira si la stratégie d'Exinction Rebellion est la bonne. En début de semaine en Allemagne, la célèbre Potsdamer Platz dans le centre de Berlin a largement été bloquée. Les activistes s'étaient parfois enchainés dans des baignoires remplies de béton pour ralentir le travail des forces de l'ordre qui tentaient de rétablir la circulation. Finalement délogés, ils ont promis de continuer dans d'autres endroits de la ville.

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Dentistes pour femmes battues au Brésil

Brasilien Protest gegen Gewalt gegen Frauen (Getty Images/AFP/Y. Chiba)

Toutes les 4 minutes une Brésilienne est agressée par son compagnon

Dans la seconde partie de ce magazine, nous sommes au Brésil. Dans le pays, toutes les 4 minutes une femme est agressée par son compagnon. Un chiffre qui ne baisse pas, malgré les politiques de lutte contre les violences domestiques adoptées au fil des ans. C'est le cas de la loi Maria da Penha, qui reconnaît et pénalise ce type de violence depuis 2006. Des commissariats spécialisés pour accueillir ces femmes existent, mais dans moins de 10% des villes du pays. 

Alors pour celles qui s'en sont sorties ou tentent de s'en sortir, depuis 2012 à São Paulo, l’ONG de dentiste bénévoles "Turma do bem" a créé un programme pour les soigner puisqu'elles sont parfois détruites physiquement. On leur offre de nouvelles dents et une possible nouvelle vie ... 

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