Les réfugiées soudanaises exposées aux viols au Tchad
18 mai 2026
"J'étais partie chercher des fagots en brousse et, au retour, j'ai été prise de force par cinq hommes qui m'ont violée à tour de rôle", explique Zenaba, la vingtaine révolue. Elle est l'une des nombreuses réfugiées soudanaises doublement victimesde la guerre au Soudan.
Après avoir perdu ses parents, elle a fui pour se réfugier dans l'Est du Tchad avec ses frères. Installée dans les camps d'Iridimi à Iriba, dans le Wadi-Fira, il y a deux ans, elle raconte sa mésaventure un soir. "À la suite de ce viol, je suis tombée enceinte et je vis aujourd'hui avec un enfant sans père. Mes frères ont considéré cela comme un déshonneur pour la famille, donc ils m'ont battue et forcée à me marier à un vieil homme, un non-voyant. Je n'aime pas cet homme. Certes, je suis prise en charge par des ONG, mais je suis très malheureuse."
Il n'y a pas de chiffres exacts récents.....
Mais selon plusieurs rapports, environ 4 000 femmes réfugiées ont été victimes de violences basées sur le genre, dont une centaine de cas de viol en 2025. Ces actes sont parfois commis à l'intérieur des camps. C'est ce que déplore Madina Abdelaziz Mahamat, membre du comité de gestion des plaintes pour les victimes de viol à Adré.
Il déclaré qu'"Il y a beaucoup d'actes de viol. Là où nous sommes, tu ne peux pas envoyer un enfant (fille) pour aller faire le marché. Vers 17 heures ou 18 heures, tu ne peux pas traverser le marché seule (femme et fille). Même dans certains coins, le viol est vraiment très récurrent à l'intérieur des camps et même au centre de la ville. Ce n'est pas du tout normal."
Une situation qui préoccupe Kitoko Gata Ngoulou, la ministre d'État, ministre de la Femme et de la Petite Enfance.
"Malheureusement, les violences faites aux femmes et aux enfants sont récurrentes. Dans les camps, nous avons eu des cas qui ont été évoqués. Mais nous avons des centres de prise en charge grâce au soutien de l'UNFPA, qui est chargé de l'accompagnement juridique, de l'autonomisation et du soutien psychologique pour ces femmes-là. Notre devoir est de faire des plaidoyers, de mener des campagnes de sensibilisation, y compris dans les camps, et de sensibiliser les gestionnaires de ces camps pour qu'ils prennent aussi leurs responsabilités."
Certains de ces actes de violence sexuelle ne sont pas déclarés, par peur et par honte des victimes, ce qui rend encore plus difficile le travail des agences de protection humanitaire sur le terrain.