Tchad : un transfert qui fait grincer des dents | Afrique | DW | 21.12.2011
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Afrique

Tchad : un transfert qui fait grincer des dents

Les autorités tchadiennes ont décidé de transférer les prisonniers de la maison de N’Djaména vers une nouvelle prison à Moussoro, à plus de 500 km de la capitale. Cette décision provoque l'incompréhension des familles.

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Le transfert de ces détenus de la maison d’arrêt de N’Djaména ne cesse de faire un grand tollé. Personne ne s’attendait à cela et la nouvelle est tombée à la surprise générale. Les familles des détenus sont complètement dans le désarroi. C’est le cas de Sylvie Neloumta dont le frère vient d’être transféré dans la nouvelle prison de Moussoro :

« Nous avons été surpris par cette décision. Nous nous inquiétons pour notre frère car il est tout le temps malade. Nous n'avons pas les moyens de nous rendre de temps en temps le voir avec cette distance. »

Abakar Ali est un ancien prisonnier de la maison d’arrêt de N’Djaména. Il estime que le gouvernement devrait améliorer les conditions dans lesquelles se trouvent les détenus plutôt que de les déplacer aussi loin de N’Djaména :

« La salle ne convenait même pas à une personne qui doit être arrêtée. La salle était sale. On urine là, on défèque là. Et quand c'est plein, on jette ça dehors. Les asticots... tout ça là, on était là comme ça. Tout sale, on respire mal. Vraiment ce ne sont pas des conditions de vie normales pour un prisonnier. »

Une mesure mal préparée

Les associations de défense des droits de l'Homme s'inquiètent du sort de ces détenus éloignés de la capitale. Daniel Dezoumbé est le responsable de Droits de l'Homme sans frontières :

« Même ici, on torture parfois des prisonniers... certains sont enchaînés. Et en les amenant à Moussoro, nous pensons que ça pourrait être très grave. La sécurité de certains prisonniers pourrait en être atteinte. »

Pour lui, cette décision ne cadre pas avec la réalité actuelle de la maison d'arrêt : « Il y a des gens qui ne sont pas encore condamnés, qui se retrouvent subitement à Moussoro. A ce niveau-là, nous marquons une inquiétude. Les mesures sont bonnes mais elles sont assez brutales, elles ne sont pas bien réfléchies. »

La maison d’arrêt de N’Djaména a été construite pour accueillir 150 personnes, mais est surpeuplée depuis plusieurs années avec environ 1.000 détenus.

Vous pouvez écoutez ci-dessous la version audio de ce reportage réalisé par notre correspondant au Tchad, Edouard Takadji.

Auteur : Edouard Takadji
Edition : Fréjus Quenum

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