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RDC : Willy Ngoma tué dans le Nord-Kivu

24 février 2026

Le porte-parole militaire de l'AFC/M23 est mort dans une attaque de drone près de Rubaya.

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RDCongo Bukavu 2025 | Willy Ngoma sur la Place de l'Indépendance de Bukavu, avec de nouvelles recrues du M23
Willy Ngoma se montrait volontiers comme un homme de terrainImage : AFP

 

Willy Ngoma était l'une des figures les plus médiatiques du conflit dans l'est de la République Démocratique du Congo, durant la décennie qui vient de s'écouler. Et sans doute comptait-il, en tant que porte-parole militaire de l'AFC-M23, parmi les acteurs les plus influents de cette guerre.

Toujours est-il que plusieurs sources confirment que Willy Ngoma est mort aujourd'hui même [24.02.26], tué dans une attaque de drone près de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.

Stylisé en homme de terrain

Willy Ngoma est originaire du Nord-Kivu, même si les sources qui le confirment sont souvent inofficielles. Ancien membre de l'armée congolaise (FARDC), il rejoint rapidement la rébellion où il cultive son image d'homme de terrain. Il aime se faire filmer un casque sur la tête, la Kalachnikov en bandoulière, au milieu des combattants du M23. 

Depuis 2021, il a multiplié les vidéos sur les réseaux sociaux, avec un ton martial, volontiers provocateur.

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Coresponsable des exactions du M23

Le Conseil de sécurité de l'Onu estime toutefois que Willy Ngoma n'est pas seulement un communicant, mais bien un cadre militaire influent du M23, qui codécide des opérations et de la stratégie du mouvement armé.

Plusieurs rapports onusiens précisent que Willy Ngoma porte une part de responsabilité dans les crimes attribués au M23 : des meurtres, des enlèvements, des pillages, des violences sexuelles, le recrutement d'enfants-soldats ou encore l'exploitation illégale des ressources minières.

Des exactions qu'il a justifiées publiquement et qui lui valent d'être placé sous sanctions internationales. 

UE, USA, Onu: les sanctions internationales

L'Union européenne l'inscrit sur sa liste de personnes sanctionnées dès le 8 décembre 2022. Selon l'UE, Willy Ngoma "contribue en les planifiant, dirigeant ou commettant des actes constituant de graves violations des droits de l'homme (…) en raison de ses fonctions dirigeantes au sein du de l'AFC/M23".

L'UE gèle ses avoirs, lui interdit l'entrée dans l'UE et interdit à toute entité européenne de lui prêter de l'argent. Ces mesures sont confirmées fin avril 2024. 

En décembre 2023, les États‑Unis sanctionnent aussi Willy Ngoma, à la suite des massacres commis par le M23, notamment à Kishishe, en novembre 2022. L'Administration américaine souligne sa responsabilité personnelle dans ces violences, en tant que commandant opérationnel à cette période. 

Les Nations unies aussi décident de sanctions à l'encontre de Willy Ngoma. En février 2024, le Conseil de sécurité considère que ses activités compromettent la paix dans la région et qu'il joue un rôle majeur au sein d'un groupe armé soutenu depuis l'extérieur de la RDC, à savoir le Rwanda.

Charisme et propagande

Malgré ces sanctions et bien que contraint à la clandestinité, Willy Ngoma a continué jusqu'à cette année d'apparaître régulièrement dans des communiqués vidéo et des messages audio. Reconnaissable à son style direct, parfois bravache, il était considéré par certains combattants comme une figure galvanisante. 

C'est donc ce 24 février 2026 que, d'après plusieurs sources concordantes, Willy Ngoma aurait trouvé la mort dans une frappe de drone, attribuée aux FARDC, dans le Nord-Kivu.

Selon des médias congolais, l'opération aurait visé un convoi rebelle dans un bastion logistique de l'AFC-M23. Pour l'heure, ni les autorités congolaises ni le mouvement armé ne se sont prononcés sur le décès de Willy Ngoma

La disparition de Willy Ngoma risque toutefois de porter un coup dur à la structure de commandement et la communication du M23/AFC.