Conflit en RDC : un frein pour le secteur minier
19 février 2026
Le président angolais, João Lourenço, a proposé un nouveau cessez-le-feu qui, officiellement du moins, est entré en vigueur ce mercredi. Mais le M23 reste évasif sur la mise en œuvre de cet arrêt des combats, ce qui fait à la fois douter de son efficacité et met en péril le retour annoncé des intérêts américains en RDC.
La paix, un impératif
Vu de Washington, il est temps que les combats cessent dans l'est de la RDC, afin que les accords économiques ébauchés, en marge de la signature de l'accord de paix de Washington, en décembre dernier, puissent être mis en œuvre.
Christian Géraud Neema Byamungu, expert en gouvernance des ressources naturelles confirme que les intérêts des Etats-Unis passent par une stabilisation de la situation dans l'ensemble de la RDC.
"Le partenariat stratégique signé entre les États-Unis et la RDC ne peut réellement réussir, pour la RDC et pour les États-Unis, que dans un contexte de paix et de stabilité globale en République démocratique du Congo, et non pas uniquement dans une partie du pays" explique-t-il.
Selon lui "sur le long terme, les États-Unis, s'ils s'inscrivent réellement dans une philosophie de partenariat stratégique avec la RDC, ont tout intérêt à ce qu'il y ait une stabilité et une paix globales en RDC".
La question de l'exploitation des ressources minières
Timo Roujean le représentant résident de la fondation allemande Konrad Adenauer en RDC, rappelle que lors du 74e petit-déjeuner national de prière aux États-Unis, le 5 février dernier, auquel le président congolais, Félix Tshisekedi, avait participé, la RDC aurait proposé au moins cinq concessions minières aux entreprises américaines.
Il pense ainsi "que les Américains ont un très grand intérêt que le conflit ne s'étende pas vers le sud, où sont placées ces concessions". Timo Roujean explique par ailleurs que "malgré le fait qu'aucune des cinq concessions ne soit directement sur le territoire contrôlé par le M23, les Américains ont clairement indiqué aux gouvernements rwandais et congolais leur intention de vouloir opérer dans l'est du pays."
Mais le politologue allemand Jona Thiel estime qu'il est presque impossible de parvenir à une paix durable dans le cadre d'un seul accord. Il rappelle ainsi que le M23 n'est pas le seul acteur, car une centaine de groupes armés opèrent aussi dans l'est de la RDC. Chacun avec ses propres intérêts.