Politiques migratoires en Europe : les populistes se frottent les mains | International | DW | 19.06.2018
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International

Politiques migratoires en Europe : les populistes se frottent les mains

Alors que les flux migratoires divisent les classes politiques en Europe, les partis populistent eux sont ravis. Ils profitent de la situation pour gagner de l'influence sur le continent.

Comment régler l'accueil des réfugiés en Europe ? La question divise jusqu'au gouvernement allemand. À Bruxelles aussi, à quelques pas du siège de l'Union européenne, on peut voir des files d'attentes devant les bureaux de l'administration belge pour déposer des dossiers de demande d'asile. Un signe d'échec des réglementations actuelles, en cours de révision, et qui font le lit des mouvements populistes en Europe. 

À Bruxelles, ce sont surtout des Africains qui font la queue pour déposer leur dossier non loin de la gare de Bruxelles-Nord. La plupart ont transité par d'autres pays européens avant d'arriver en Belgique (l'Italie, la France, l'Allemagne, l'Autriche). Un échec du système actuel dit de Dublin, puisqu'il est prévu que les demandes d'asile soient enregistrées dans le premier pays d'arrivée en Europe.

Les partis anti-immigrés gagnent du terrain

Spanien Rettungsboot Aquarius Hafen in Valencia | Ankunft Flüchtlinge (Reuters/H. Kalis)

Le bateau Aqarius arrive en Espagne, le 17 mai 2018, après des jours en mer pour 629 migrants

Un état de faits que dénonce notamment le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, et ses camarades du N-Va, un parti populiste de droite qui est membre pour la première fois de la coalition au pouvoir. Les partis ouvertement anti-immigrés ont le vent en poupe dans de nombreux Etats membres de l'UE : la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède ou l'Allemagne. En Finlande, en Autriche, en Grèce, en République tchèque, en Pologne, en Hongrie, ils sont même au gouvernement.

Vague migratoire : "cadeau" pour l'extrême-droite 

"L'incapacité de l'UE à répondre à cette problématique a conduit à une renationalisation. La plupart des partis populistes anti-migrants sont aussi eurosceptiques", explique Stefan Lehne, chercheur sur l'Europe à la Fondation Carnegie de Bruxelles.

Deutschland | Bundeskongress der Jungen Alternative (JA) für Deutschland | Alexander Gauland (picture-alliance/dpa/A. Prautzsch)

Le chef du parti d'extrême-droite allemand Alexander Gauland multiplie les sorties anti-immigration.

En Allemagne, la CSU, membre de la coalition gouvernementale, ratisse ainsi très à droite avant les régionales de l'automne en Bavière, d'où le bras de fer de son chef, également ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer, avec Angela Merkel. Le ministre préconisait, avant de mettre un peu d'eau dans son vin ce lundi, une reconduite aux frontières pour les migrants "dublinisés".

Quant au chef du groupe parlementaire de l'AfD, Alexander Gauland, il est même allé jusqu'à considérer les arrivées massives de demandeurs d'asile en 2015 comme un "cadeau" pour son parti. La droite dure profite de l'attention médiatique pour profiter de la "vague migratoire" qui effraie ses électeurs, quels que soient les chiffres bruts réels des arrivées, en baisse cette année.

Action coordonnée en Europe

La montée des courants xénophobes inquiète Frans Timmermanns, vice-président de la Commission européenne. "Ces dernières années, c'est le thème de la migration qui a mené l'UE au bord du gouffre", estime-t-il. "La migration joue un rôle capital dans tous les Etats membres. La réponse ne peut pas être de renforcer les frontières, de construire de nouveaux murs. Nous ne pourrons trouver une solution humaine, qui fonctionne, qu'au niveau européen."

Berlin Merkel und Ministerpräsident Conte Italien (Reuters/H. Hanschke)

Angela Merkel souhaite une action coordonée à l'échelle européenne.

C'est aussi la position d'Angela Merkel, qui veut une action coordonnée des Etats, avec la possibilité de conclure des accords bilatéraux entre eux, et la mise en place à terme d'une instance d'asile européenne. Autant de thèmes à l'ordre du jour du sommet européen fin juin. En attendant une éventuelle harmonisation européenne, sept Etats, parmi lesquels l'Allemagne, ont rétabli des contrôles partiels à leurs frontières. 

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