Dans l′est de la RDC, le départ des Casques bleus ukrainiens est un non-évènement | Afrique | DW | 10.03.2022
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Afrique

Dans l'est de la RDC, le départ des Casques bleus ukrainiens est un non-évènement

En Ituri et au Kivu, l'annonce du retrait des forces ukrainiennes présentes en RDC au sein de la Monusco laisse la population de marbre.

Le contingent ukrainien de la mission onusienne compte 250 soldats, principalement dans l'aviation, sur un total d'environ 15.000 militaires pour l'ensemble de la Monusco

Le contingent ukrainien de la mission onusienne compte 250 soldats, principalement dans l'aviation, sur un total d'environ 15.000 militaires pour l'ensemble de la Monusco

En Ituri une province en proie à la violence, la société civile estime que le retrait du contingent ukrainien, n'aura aucun impact sur la paix dans une région où les groupes armés massacrent les civils, en dépit de la présence de la Monusco.

Dieudonné Lossa Dekhana est le coordonnateur de la société civile de l'Ituri : "Depuis plus de vingt ans la Monusco est en Ituri, les groupes armés continuent à naître pendant que la Monusco est là, la sécurité on n'en a pas eu depuis tout ce temps-là. Nous croyons bien que si les FARDC sont dotées des équipements nécessaires, ils feront mieux que la Monusco." 

Monusco ou pas, les massacres continuent

Écouter l'audio 02:05

Les Casques bleus sont "observateurs de notre mort" (J. Kambale, société civile)

Même réaction de  la société civile de Beni dans la province du Nord-Kivu, une région où se poursuivent également les massacres de civils par des groupes armés. Pour John Kambale, rapporteur général de la société civile de Beni, ce retrait est même un non-événement. Toutes ces forces, dit-il, sont inutiles : 

"Inutiles parce que nous sommes tués devant leurs positions, nous sommes tués devant leur campements, nous sommes égorgés, écrasés comme des vermines devant leurs yeux. Ils sont observateurs de notre mort. Alors nous sommes en train de souhaiter bon voyage au contingent ukrainien. Nous attendons le départ des autres."

Lire aussi → "Sema", un film sur les violences faites aux femmes en RDC

Une force d'appoint

Juvenal Mununo, député national du Nord-Kivu et membre de la commission défense et sécurité à l'Assemblée nationale estime pour sa part normale que l'Ukraine retire ses soldats en vue de faire face à la guerre qui l'oppose à la Russie

La RDC dit-il, doit compter sur ses propres fils : "La sécurité d'un pays dépend essentiellement du gouvernement national, de l'armée nationale, de services de sécurité nationaux. Donc il ne faut pas compter sur l'appui extérieur. L'appui de la Monusco, je l'ai toujours expliqué, c'est un appui complémentaire. Subsidiaire aux efforts qui doivent être fournis par le gouvernement."

Constituée d'environ 20.000 hommes, la Monusco demeure la plus importante et la plus coûteuse des missions de maintien de la paix de l'ONU au monde.