Le calme est revenu à la prison centrale de Yaoundé | Afrique | DW | 23.07.2019
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Le calme est revenu à la prison centrale de Yaoundé

La mutinerie de lundi soir a tenu en haleine les réseaux sociaux. Mais les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher l'évasion massive des détenus qui protestaient contre leurs conditions de détention.

Écouter l'audio 02:06

"On arrête au Cameroun des personnes qui sont déjà en prison" (Emmanuel Simh)

Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher une évasion massive des détenus qui protestaient contre leurs conditions de détention, et notamment leurs rations de nourriture.

La mutinerie vite contenue a été relayée en direct sur les réseaux sociaux. On y a vu des détenus issus des deux provinces anglophones du pays qui chantaient l’hymne de leur République autoproclamée d’Ambazonie qu'ils veulent créer dans les régions anglophones du Cameroun (Nord-Ouest et Sud-Ouest).

Ceux-ci réclament la libération de "tous" les détenus de la crise anglophone, tout en célébrant Julius Ayuk Tabe, le président autoproclamé de l'Ambazonie détenu lui aussi à Yaoundé.

Selon le politologue Joseph Lea Ngoula, "ils en ont profité justement pour adresser le problème de la gouvernance au Cameroun, remettant en cause pour certains, en tout cas, les autorités camerounaises. C’est le cas des anglophones qui ont salué notamment Sisiku Ayuk Tabe, incarcéré aussi à Yaoundé et qui est considéré comme le président auto-proclamé de la République d'Ambazonie."

Arrestations…

En plus des partisans du séparatisme, de nombreux militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun de l’opposant Maurice Kamto, lui aussi en prison, se sont joints au mouvement. Conséquence : le premier Vice-président du parti, Mamadou Mota, également en prison, a été arrêté.

Kamerun, Maurice Kamto (AFP/Getty Images)

L'opposant Maurice Kamto est détenu à Yaoundé depuis janvier 2019.

"Il a été arrêté dans la nuit vers 2 heures du matin et emmené vers une destination jusqu'à présent inconnue. On arrête au Cameroun des personnes qui sont déjà en prison, à la prison centrale de Yaoundé, ou pourtant, une ordonnance d'un juge l'avait placé. Au nom de quoi est-ce qu'on déplacerait quelqu'un d'une prison dans laquelle un juge l'a mis pour l'amener ailleurs? Je ne sais pas. Donc, à l'heure où je vous parle, personne ne sait où se trouve le président Mamadou Mota, Vice-président du MRC", soutient Emmanuel Simh avocat et  troisième vice-président du MRC.

Mamadou Mota, écroué depuis juin dernier, aurait déclaré dans une vidéo dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP : "nous ne voulons plus manger de maïs en bouillie". Dans cette vidéo tournée dans la cour intérieure de la prison, on aperçoit M. Mota se joindre à une manifestation engagée dans la journée de lundi par des séparatistes anglophones. Son apparition et sa prise de parole ont été applaudies par les détenus présents.

…pas de morts

La radio d'Etat camerounaise, la CRTV, a indiqué qu'il n'y a pas eu de morts ni d'évasions.

Malta - Tony Blair und Ephraim Inoni (picture-alliance/AP Photo/M. Cleaver)

L'ancien Premier ministre Ephraim Inon en compagnie de Tony Blair, l'ex-Premier ministre britannique en 2005.

Selon plusieurs sources proches de l'administration pénitentiaire, plusieurs détenus ont été blessés. Parmi eux, l'ancien Premier ministre, Inoni Ephraïm, et un ancien ministre, Urbain Olenguena Awono qui ont été pris pour cible par d'autres détenus. Ces derniers seraient  hospitalisés.

Condamnation

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction,  le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement du Cameroun a condamné cette insurrection. "La première évaluation de cet incident fait état d’importants dégâts matériels enregistrés, dont l’incendie de la bibliothèque de la prison, de l’atelier de couture des femmes et du bureau du responsable de la discipline des détenus, ainsi que le pillage de petits commerces internes au pénitencier", écrit René Emmanuel Sadi.

Écouter l'audio 04:31

Joseph Lea Ngoula : "ils ont profité pour critiquer la gouvernance au Cameroun"

Le ministre a cependant confirmé l’interpellation de soixante-dix-sept détenus repérés parmi les meneurs de cette insurrection. "Ils sont interpellés et sont en exploitation dans les services de la police et la gendarmerie", ajoute-t-il.

Selon René Emmanuel Sadi, "il convient de relever également qu’aucune perte en vie humaine, ni aucun blessé, ne sont à signaler parmi les Forces de maintien de l’ordre et les insurgés. Cependant, du fait des actes d’agression perpétrés par lesdits insurgés, deux détenus ont été blessés dans leurs quartiers pénitentiaires. Ils ont immédiatement été pris en charge dans un centre hospitalier de la ville de Yaoundé", poursuit-il. 

"En tout état de cause, et en dépit de leurs velléités insurrectionnelles, le Gouvernement demeure attentif aux appels de ces compatriotes détenus, et entend continuer à œuvrer, pour ce qui est de sa responsabilité, à une diligence des procédures en cours, dans le strict respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire", rassure le ministre.

Aux dernières nouvelles, des tirs auraient été entendus à la prison centrale de Buea, capitale la région du Sud-ouest anglophone du Cameroun. Des détenus auraient arraché les armes de leurs gardiens pour se défendre.

La rédaction vous recommande

Audios et vidéos sur le sujet

Publicité
default

Votre avis nous intéresse !

Vous souhaitez réagir à l'actualité, donner votre avis sur le programme ou tout simplement dire bonjour ? Envoyez un courriel à francais@dw.com ou laissez un message sur notre page Facebook DW Francais.

Réagissez à l'actualité sur notre page Facebook !