Fin de la lune de miel entre le Tchad et la Chine | Afrique | DW | 20.01.2012
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Afrique

Fin de la lune de miel entre le Tchad et la Chine

Le bras de fer sur le prix du carburant se solde par la fermeture de la raffinerie de Djermaya et le licenciement de son directeur. Faut-il y voir une remise en cause de l'hégémonie chinoise sur les hydrocarbures?

ARCHIV - Erdöl wird mit Hilfe eines Tiefpumpenantriebes (Pferdekopf) gefördert (Archivfoto vom 21.05.2008, Illustration zum Thema Ölförderung). Die OPEC wird ihre Öl-Förderung ab November um 1,5 Millionen Barrel (je 159 Liter) pro Tag kürzen. Damit will das Kartell den seit Monaten andauernden Preisverfall bei Rohöl stoppen. Dies teilte der iranische Ölminister Gholam-Hossein Nosari am Freitag 24.10.2008 nach einem Treffen der 13 OPEC-Ölminister in Wien mit. Der Preis für Rohöl war in den vergangenen Monaten von seinem historischen Höchststand von etwa 150 Dollar pro Barrel auf rund 60 Dollar gesunken. Foto: Sebastian Widmann dpa +++(c) dpa - Bildfunk+++

Confrontées à des pénuries qui touchent la population, et à une grogne sociale, les autorités tchadiennes n'ont pas réussi à s'entendre avec Pékin sur le prix du pétrole. Alors le président Idriss Deby Itno a recouru à la manière forte en ordonnant, en plus de la fermeture de la raffinerie, le renvoi de son directeur chinois.

Idriss Deby.jpg *** FILE *** Chad's President Idriss Deby arrives for an EU Africa Summit in Lisbon, Sunday Dec. 9, 2007. Heavy gunfire was heard Saturday Feb. 2, 2008 near the presidential palace in Chad, a hotel operator reached by telephone said, and rebel forces were believed to have reached the capital after a lightning advance across the desert in pickup convoys. A hotel operator at the Hotel le Meridien, a couple of kilometers (about a mile) from the headquarters of President Idriss Deby said he could hear the gunfire. The line went dead before a reporter could get more details. (AP Photo/Paulo Duarte/File)

Idriss Deby Itno tape du poing sur la table

Une décision en forme de coup de tonnerre, quand on sait que c'est Idriss Deby Itno lui-même qui avait inauguré le site en juin dernier, le présentant comme une chance pour le pays de renforcer son indépendance énergétique.

Dans les faits, le contrat d'exploitation réservait 60% des revenus à la société chinoise de gestion et seulement 40% à l'Etat tchadien. D'ailleurs, les autorités de N'Djamena sont confrontées depuis plusieurs semaines à une grogne montante de la population, qui ne comprend pas comment le prix à la pompe du carburant peut-être aussi élevé alors que les gisements de pétrole se trouvent sur leur territoire national. A telle enseigne d'ailleurs que beaucoup d'habitants de la capitale ou du sud du pays préfèrent aller faire le plein au Cameroun. Quoiqu'il en soit, le président tchadien a réuni ce matin plusieurs acteurs du secteur des hydrocarbures pour remédier à la pénurie artificielle qui touche le pays. Le chef de l'Etat a rappelé à l'ordre les partenaires chinois et déclaré que « personne ne doit s'amuser avec les intérêts du Tchad ».

Ouadai, Tschad Steinmäuerchen helfen, den seltenen Regen aufzufangen Foto: Tania Krämer

La population ne profite pas des accords passés avec la Chine

Un partenariat pas si« gagnant-gagnant » qu'escompté

Longtemps aux mains de sociétés occidentales, de plus en plus de mines et gisements africains sont désormais exploités par de grandes compagnies chinoises. Le Tchad, comme l'Angola, la RDC, le Soudan, le Gabon ou la Guinée équatoriale, pour ne citer que ces exemples, ont signé des contrats qu'ils espéraient « gagnant-gagnant » avec la Chine, réputée moins regardante sur les conditions de travail, notamment. Les contrats pétroliers ou miniers sont souvent assortis de promesses dans le secteur des infrastructures. Ainsi, le village de Djermaya, où se trouve la raffinerie fermée, devait être doté d'un aéroport international et de nouvelles routes d'accès.

Ölbohrtum im Kome-Becken. im Süden des Tschad Foto: Edouard Takadji

Le pétrole, une malédiction?

Or force est de constater qu'ils profitent surtout aux Chinois, qui en retirent le plus de bénéfices, tout en faisant travailler leur propre main d'œuvre sur place. Les populations, comme au Tchad, ne ressentent pas davantage les effets bénéfiques de cette coopération qu'avec les grands groupes occidentaux, en matière de carburant ou d'électrification. Alors cette crise au Tchad ouvre peut-être la voie à une redéfinition des contrats de coopération. A noter que cette décision du chef de l'Etat arrive à point nommé, à deux jours d'élections municipales dans le pays.

Ecoutez ci-dessous l'analyse de Bruno Hellendorff, chercheur au GRIP, le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité, à Bruxelles. Selon lui, les partenariats commerciaux entre la Chine et l'Afrique sont inégales au départ.

Auteur: Sandrine Blanchard
Edition: Carine Debrabandère

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