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EconomieGhana

Africa Trade Summit d'Accra et industrialisation en Afrique

30 janvier 2026

Parmi les thèmes du Sommet africain du commerce, l'industrialisation de l'Afrique tient à coeur à Fatou Haïdara, directrice adjointe de l’Agence onusienne pour le développement industriel. Interview.

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Un ouvrier dans une usine de construction automobile en Afrique du Sud (photo d'août 2025)
L'Afrique transforme encore peu ses matières premièresImage : Diane Hawker/DW

Présidents, ministres, directeurs d'institutions et grands commerçants se sont succédé à la tribune du Kempinski d'Accra, au Ghana, pour le Sommet africain du commerce. Hier et aujourd'hui [30.01.2026}, les conversations ont tourné autour des grands secteurs industriels du continent, des minéraux d'extraction aux produits pharmaceutiques.  

Fatou Haïdara, d’origine malienne, est directrice adjointe de l’Unido, l’Agence onusienne pour le développement industriel, et elle explique que le continent doit avant tout se concentrer sur la valeur ajoutée, liée à la transformation des produits, notamment dans les domaines agricole et minier.

Interview de Fatou Haïdara

DW : Qui pourriez-vous citer comme exemples, sur le continent, de "champions industriels"?

Il y a par exemple Dangote, dont tout le monde parle, qui est du Nigeria, il y a le CEO de Asky qui était aussi dans la salle aujourd’hui. C’était d’abord Ecobank et maintenant Asky donc il y a quand même un bon nombre de champions en Afrique aujourd’hui. 

Les gouvernements, en mettant les bonnes politiques en place, en partenariat avec le secteur privé, arrivent petit à petit à créer ces champions-là. Il faut le faire de manière délibérée. Ça ne se passe pas du jour au lendemain et ce n’est pas par hasard que ça se passe.  

Ethiopie: pose de la première pierre d'une raffinerie de pétrole en présence notamment du Premier ministre et de l'homme d'affaires Aliko Dangote
L'homme d'affaires Aliko Dangote investit beaucoup sur le continent, comme ici, dans une raffinerie en EthiopieImage : Ethiopia Prime Minister Abiy Ahmed Facebook page

De façon générale, la valeur ajoutée est faible, comparée au potentiel des pays africains. Il y a tellement de secteurs qu’on peut développer, mais il faut les approcher en termes de chaîne de valeur. En fait, en fonction de la région ou du pays, il faut se mettre d’accord sur certaines priorités parce qu’on ne peut pas tout transformer tout de suite.  

Certains produits ne vont pas aller jusqu’au produit fini dans un pays, mais il y a un autre pays qui peut prendre le relais pour continuer la création de valeur ajoutée. Donc c’est l’idée. 

 

DW: Quels sont les secteurs avec le plus de valeur ajoutée?

Il y a beaucoup plus de valeur ajoutée dans le secteur agricole par exemple, l’agrobusiness, que dans le secteur des minerais. Le secteur minier a un très grand potentiel dans beaucoup de pays. Par exemple, aujourd’hui, le président du Ghana parlait du board qu’ils ont mis en place pour l’or, et ça, ça amène des revenus parce que la commercialisation est plus sous contrôle. 

Donc, pour l’industrialisation, on a le gouvernement qui a un rôle clé, pour créer l’environnement, le secteur privé pour investir, les institutions de financement pour fournir les financements nécessaires. Mais dans tout ça, il faut que le partenariat soit basé sur la consultation et sur la confiance, ça permet de garantir ce développement à long-terme." 

Vue aérienne d'Accra
Claudia Lacave Correspondante au Ghana pour le programme francophone de la Deutsche Welle@C_Lacave
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