L′art de donner de l′espoir aux enfants de la rue | Afrique | DW | 16.09.2021
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Graines d'espoir

L'art de donner de l'espoir aux enfants de la rue

Au Cameroun, un artiste plasticien a créé un centre qui forme les enfants de la rue. L'initiative porte des fruits. Mais il manque l'appui de l'Etat.

Le centre de formation apporte un espoir aux enfants de la rue

Le centre de formation apporte un espoir aux enfants de la rue

Wilfried Wame est plasticien et accessoiriste de mode. Il utilise les activités artistiques pour aider les enfants à s'épanouir et à sortir de la rue.

C'est au village du patriotisme et de l'environnement, situé en plein centre-ville de Yaoundé, que celui-ci a décidé d'installer son atelier afin de donner une chance à ces enfants appelés "Nangas boko", qui signifie "les enfants de la rue".

Donner une nouvelle chance aux enfants en difficulté

Un ex-enfant de la rue montre son chef d'oeuvre

Un ex-enfant de la rue montre son chef d'oeuvre

Ils sont des milliers, poussés dans la rue suite à la maltraitance, la pauvreté ou encore la guerre.

"Mon père était un irresponsable, il consommait beaucoup d'alcool et il aimait la bagarre", confie à la DW Frédéric Olinga, âgé de 16 ans.

"En fin de compte, il s'est retrouvé en prison et depuis, je suis dans la rue", explique cet enfant qui vit dans la rue depuis trois ans.

>>> Lire aussi : Peter Solo enjaille Lomé grâce à un concert avec des enfants de la rue

Wilfried Wame a eu l'idée de créer le centre de formation après avoir rencontré des enfants de la rue au carrefour Warda où il travaille. "Chaque fois, ils me demandent des pièces d'argent et ça me dérange énormément. Moi je n'ai pas d'argent, je me débrouille… j'ai donc pensé que je pouvais partager ma passion avec eux. Chaque jour, ils n'ont rien à faire, ça me fait de la peine. C'est ça qui m'a poussé à les aider", témoigne le plasticien.

Centre de formation et dortoir

Avec ses copains, une dizaine au total, Frédéric fait des petits boulots dans la journée et consacre ses après-midis à l'apprentissage de la peinture. Après la formation le soir, l'atelier leur sert de dortoir.

>>> Toutes nos "Graines d'espoir"

Écouter l'audio 01:59

Ismaël (ex-enfant de la rue) : "Ce qui me plaît, je ne dors plus dehors"

A 18 ans, Ismaël, un autre élève, rêve déjà de gagner sa vie avec son activité artisanale. "Moi je ramasse les déchets dans la poubelle pour fabriquer des pots de fleurs comme vous pouvez le voir. Après je vais vendre cela et je vais devenir riche. Je vais m'acheter une maison et pouvoir y habiter avec mes parents qui sont restés à Ngaoundéré. Pour le moment, ce qui me plaît, c'est que je ne dors plus dehors", témoigne-t-il.

Convaincu que l'art est l'outil qui va permettre à ces enfants de la rue de s'épanouir, René, l'un des formateurs de l'atelier, regrette toutefois que le village du patriotisme et de l'environnement, où ces objets d'arts sont exposés, n'attire pas autant les Camerounais. "Chez nous, on a clochardisé ceux qui font de l'art. Les Camerounais ne s'y intéressent pas. Il faut toujours que les gens viennent d'ailleurs et c'est difficile", regrette-t-il.

Malgré tout, l'espoir de voir l'initiative soutenue par les autorités demeure pour qu'enfin ces enfants puissent vivre de leur art.