Bénin : Wadagni attendu sur des chantiers clés
17 avril 2026
Pour Romuald Wadagni, le temps de la célébration sera court. Car si l’expert-comptable et ministre des finances a convaincu les urnes, le Président, lui, doit désormais convaincre les foyers. Dans les couloirs du pouvoir à Cotonou, on sait que la légitimité acquise ce jeudi se jouera sur un terrain délicat : celui de la mutation.
Passer de la gestion rigoureuse des finances à une écoute attentive des aspirations sociales. Un virage attendu de pied ferme par Rufin Godjo, expert électoral :
"Les choses sont liées. Le président de la République est un économiste. J'espère qu'il ne va pas seulement regarder son champ de prédilection qui est le champ des chiffres, le champ des financements de l'économie, mais aussi voir un peu l'humain."
Combiner bons chiffres et amélioration du socio-économique
Passer des chiffres aux visages. L’enjeu majeur du septennat qui s'ouvre réside dans la redistribution. Si les infrastructures ont transformé le pays, l’urgence est aujourd’hui au "panier de la ménagère".
Joël Ataï Guèdègbé, expert en gouvernance et l’analyste politique Eugène Allossoukpo soulignent respectivement, l’impérieuse nécessité de donner un sens concret à la croissance pour les populations les plus vulnérables :
"Le défi est de remembrer au plan socio-économique le pays, de faire que l'inclusivité socio-économique ait sens," estime Joël Ataï Guèdègbé
L'expert Eugène Alloussoukpo, lui aussi abonde dans le même sens : "Il serait bon que le nouveau président pense au panier de la ménagère... Les dames qui vendent dans ces marchés ont envie d'avoir, à leur part, subi la persécution fiscale."
La question du terrorisme attend le nouveau chef
Mais le Bénin ne pourra prospérer seul. À ses frontières, les défis sécuritaires pressent. Romuald Wadagni hérite de relations complexes avec les pays voisins, notamment ceux du Sahel, comme le Niger et le Burkina Faso. Dans ce contexte, la diplomatie devra se montrer pragmatique afin de faire face à une menace terroriste invisible. La confiance reste à reconstruire.
Joël Ataï Guèdègbé et Eugène Allossoukpo renchérissent :
"Nous sommes condamnés par l'histoire et la géographie à nous entendre... au-delà d'un subterfuge des prétextes, la confiance doit être le maître mot", conseille Joël Ataï Guèdègbé.
Mais pour Eugène Allossoukpo, "il aurait fallu que ces trois pays convergent leurs efforts en matière de forces militaires... La coopération sous-régionale reste un élément très déterminant dans ce que nous pouvons appeler la gouvernance inspirée de Romuald Wadagni," conclut-il
Réconcilier l'économie avec le social et rétablir le dialogue avec l'hinterland sahélien : tels sont les deux piliers importants sur lesquels reposera la réussite de ce nouveau mandat.
Le technocrate devenu président est désormais attendu sur sa capacité à transformer l'expertise en bien-être partagé.