Cameroun : la visite du pape s'achève. Quel bilan ?
17 avril 2026
"Prions le Seigneur. Seigneur, toi qui ne cesses pas de protéger avec tendresse ceux qui ont été sauvés par la passion de ton fils," disait le pape Léon XIV en clôturant sa messe solennelle, ce vendredi (17 avril)
Face à lui, sur l’esplanade du Stade omnisports de Japoma, une marée humaine, compacte, de plusieurs milliers de personnes. La province ecclésiastique de Douala a veillé toute la nuit pour ne rien manquer de cette rencontre historique avec le successeur de Pierre.
Léon XIV appelle au respect des droits humains
Au-delà de la ferveur religieuse, le message du pape a résonné comme un rappel à l'ordre éthique. Pour Franck Fokou, géopolitiste et fidèle catholique, le Saint-Père n'a pas éludé les questions de gouvernance :
"On a senti, dans l’appel du Saint-Père, un rappel au gouvernement sur la gestion et le respect des droits de l’Homme. Il a attiré l’attention sur le fait qu’on ne doit pas user de la force pour brimer les populations, mais se rappeler que cette force doit servir la paix et la réconciliation."
La paix, un leitmotiv qui a particulièrement touché les organisations de la société civile. Sophie Estel Gouleu, présidente du Réseau national des veuves, y voit une feuille de route pour l’avenir :
"Le Saint-Père a dit : le monde en a assez des guerres. Les femmes, les jeunes et la société civile jouent un rôle crucial pour maintenir la cohésion sociale. Ce sont des acteurs de terrain qui comprennent pourquoi les tensions persistent. Chacun, à son niveau, doit contribuer à la paix."
Un sentiment partagé par de nombreux pèlerins, comme Véronique Bieneli Noah, marquée par la dimension visionnaire du discours pontifical au Cameroun.
Les Camerounais satisfaits
"Ce qui m’a marqué, c’est cet élan de cœur pour la paix et ses conseils stratégiques pour nous éviter de retomber dans les conflits", confiait
Tout au long de son séjour, Léon XIV s’est inscrit dans les pas de ses prédécesseurs, tout en interrogeant le présent du Cameroun :
"Le Cameroun garde en mémoire les visites de mes prédécesseurs : Saint Jean-Paul II, messager de l’espérance ; celle de Benoît XVI, qui soulignait l’importance de la justice et la responsabilité morale des gouvernants. Nous pouvons donc nous interroger : où en sommes-nous ? Que reste-t-il à faire" ?
Pour l’Église catholique locale, le bilan est déjà une réussite. Au terme de la messe de Japoma, monseigneur Samuel Kleda, l’archevêque de Douala, a résumé l'émotion d'un peuple en quête de souffle :
"Ce que vous nous offrez par votre présence est inestimable en ces temps de crises. Nous attendons beaucoup de fruits spirituels de votre visite à Douala, à Yaoundé et à Bamenda."
Après une nuit de pluie battante, perçue ici comme une bénédiction, c’est sous un soleil radieux que Douala a dit au revoir au 267e successeur de Saint-Pierre qui quitte le Cameroun ce samedi, après quatre jours de visite.