Bénin : les défis de Patrice Talon | Afrique | DW | 25.05.2021
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Politique

Bénin : les défis de Patrice Talon

Le président Patrice Talon a prêté serment le dimanche (25.05) pour un second mandat de cinq ans. Il veut orienter son dernier quinquennat vers la décrispation et le social.

"Ce mandat sera hautement social. Mon souhait en ce qui me concerne personnellement, c'est qu'il soit établi à la fin du mandat que j'ai donné le meilleur de moi-même pour notre satisfaction commune", a affirmé  le chef de l'Etat lors de la cérémonie d'investiture. Patrice Talon a promis de poursuivre les réformes économiques et sociales qu’il a initiée depuis son arrivé au pouvoir en 2016.

Le président Patrice Talon et son épouse, Claudine Gbénagnon, le 23 mai 2021 à Porto-Novo

Le président Patrice Talon et son épouse, Claudine Gbénagnon, le 23 mai 2021 à Porto-Novo

"Ces mesures seront sources de richesse et d'emplois", a promis Patrice Talon à ses compatriotes. Avant d’ajouter : "ce mandat ultime, j'en mesure toute la portée ainsi que toutes les attentes légitimes qu'il évoque. Désormais donc, notre défi, notre leitmotiv doivent être de taire nos querelles pour nous consacrer à l'essentiel. Ce mandat sera donc social."

Social

Le social, c'est justement ce qui aura manqué dans l'exécution de son premier programme d'action de gouvernement. Un des principaux volets sur lesquels les populations ont longuement attendu les actions de leur président.

Jacques Migan, membre fondateur du Bloc Républicain, l'un des partis soutenant le pouvoir, estime que les cinq premières années ont plutôt permis à Patrice Talon de baliser le terrain pour se consacrer à présent au bien-être de son peuple.


Le président Patrice Talon (à droite), posant avec sa vice-présidente, Mariam Chabi Talata née Zimé Yérima

Le président Patrice Talon (à droite), posant avec sa vice-présidente, Mariam Chabi Talata née Zimé Yérima

"Quand il a prononcé le mot 'social', tous ceux qui étaient présents ont applaudi, parce que le social c'est le bien-être, cela représente des conditions de vie meilleures, explique-t-il.  Il faut permettre à chaque Béninois de vivre décemment à travers quatre éléments : le micro-crédit - car sans argent vous ne pouvez rien faire -, la deuxième c'est la formation continue, professionnelle. Et puis il y aussi l'accès à la santé, l'assurance maladie. Enfin, le quatrième élément, c'est la pension", soutient Jacques Migan.

Réalités des populations

Pour l'analyste politique Léon Anjorin Koboudé, le volet social est un ensemble de solutions adaptées aux réalités actuelles des populations.

"Quand on parle du social, ça ne peut pas se résumer à une distribution d'argent ou de nourriture, mais plutôt à un paquet de mesures aux niveaux économique, social et commercial pour soulager les plus défavorisés d'entre-nous. Et il y a aussi l'effort que le gouvernement doit faire pour une meilleure inclusion de l'économie informelle".

Consolider la démocratie

Le président béninois veut non seulement profiter de ces cinq dernières années pour consolider la démocratie et les libertés, mais souhaite aussi désormais décrisper la tension sociopolitique dans le pays. Mais pour Robert Dossou, ancien président de la cour constitutionnelle et avocat des opposants Réckya Madougou et Joel Aïvo, cela passe par la libération des opposants politiques incarcérés en marge de la campagne de l'élection présidentielle.

Accusée de financement du terrorisme, l’opposante Reckya Madougou est en détention provisoire depuis mars 2021

Accusée de financement du terrorisme, l’opposante Reckya Madougou est en détention provisoire depuis mars 2021

"J'ai beaucoup de critiques à faire en ce qui concerne le système juridique et le système judiciaire. Il y a des efforts à faire dessus. J'espère que ceux qui ont été arrêtés seront libérés et que désormais, la justice se fondera sur des preuves avérées", indique Robert Dossou.

Les Béninois attendent donc Patrice Talon sur ses promesses et ses engagements, grands défis pour redorer l'image démocratique du pays.

L'élection présidentielle du 11 avril a été inédite: aucune de grandes figures de l'opposition n'y a participé, les principales étant en exil, et deux opposants importants, dont les candidatures à la présidentielle avaient été recalées, sont désormais incarcérés.

La campagne électorale avait également été marquée par des violences dans le centre du pays, où des manifestants avaient protesté contre l'absence de l'opposition au scrutin en bloquant une route, principale axe entre le Sud et le Nord du pays.

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