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climatMali

Au Mali, un naufrage fait au moins seize morts

Mahamadou Kane
19 février 2026

L’incident serait lié au manque de voies terrestres et à l'insécurité, ce qui fait que les gens choisissent de voyager par bateau

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Le fleuve Niger est touché par la tempête d'harmattan.
Le naufrage se serait produit entre Tombouctou et MoptiImage : Wolfgang Kaehler/Avalon/IMAGO

Le naufrage serait dû à des vagues occasionnées par les vents violents qui soufflent actuellement dans la zone. Les accidents sont fréquents dans ce lac situé dans le delta central du fleuve Niger. 

Cette catastrophe illustre aussi les difficultés croissantes de voyager au Mali. En raison des attaques djihadistes et du mauvais état des routes, les populations n’ont souvent d'autres choix que de se déplacer en bateau sur le fleuve Niger. 

Femmes et enfants parmi les victimes

L’embarcation avait quitté, le week-end dernier, Mopti pour Tonka, dans la région de Tombouctou. A son bord, des dizaines de passagers, dont la majorité serait des femmes et des enfants. 

Ousmane Cissé est un habitant de Diré. Il revient sur l’incident : 

"Il y avait 46 passagers, en plus de leurs biens matériels. Lorsque le vent a commencé à souffler très fort, les passagers ne pouvaient ni aller à gauche, ni à droite. On ne peut donc pas parler de surcharge. Parmi les 46 passagers, une trentaine a été secourue par les populations, dont quatre ont été repêchés à la minute. Il s’agit de trois femmes et d’un petit enfant".

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Femmes et enfants parmi les victimesImage : Al Fousseini Camara/Le Pictorium/MAXPPP/picture alliance

Insécurité et manque de voies terrestres

Face à la multiplication des chavirements de pinasses, mais aussi des attaques terroristes et en l’absence de voies terrestres praticables dans la zone, Babacar Mahamane Maiga, de la société civile de Tombouctou, décrit une situation intenable pour les populations du centre et du nord du pays :

"La seule voie par laquelle vous traversez le fleuve Niger pour aller derrière le fleuve et emprunter la voie qu’on appelait, jadis, la route de l’espoir, qui va jusqu’à Douentza, n’existe plus. L’autre voie passe par le Niger", explique-t-il.

Selon lui toujours, "aujourd’hui, les pinasses sont devenues une réelle menace pour les populations. Presqu’aucune pinasse n’arrive sans connaître un chavirement ou une attaque djihadiste. Or, Tombouctou ne peut pas continuer à vivre en vase clos. Rien ne lie la ville à Gao, rien ne lie la ville à Mopti, même en passant par Niono pour aller à Bamako. La solution serait peut-être de nous trouver des avions militaires pour voyager", conclut Babacar Mahamane Maiga. 

En janvier 2026, une pinasse quittant Bourem à destination de Diré, dans la région de Tombouctou, avait chaviré, causant la mort de plusieurs passagers et d’importantes pertes matérielles.