Attaque en Syrie: Berlin entre compréhension et critiques | International | DW | 14.04.2018
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International

Attaque en Syrie: Berlin entre compréhension et critiques

La classe politique allemande a immédiatement réagi aux attaques de la nuit de vendredi à samedi en Syrie. Angela Merkel se montre compréhensive, mais tous les partis ne sont pas de son avis.

Quelques heures après les attaques aériennes conjointes des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni contre des cibles du régime syrien, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’est exprimée sur ces événements de la nuit de vendredi à samedi. Elle avait annoncé jeudi dernier que l’Allemagne ne prendrait pas part aux frappes directement, mais a une nouvelle fois réaffirmé que cela ne signifiait pas que l’Allemagne ne soutenait pas l’action de ses partenaires occidentaux.

Merkel empfängt dänischen Ministerpräsidenten Rasmussen (picture-alliance/dpa/W. Kumm)

Angela Merkel ne souhaite pas d'action militaire directe de l'Allemagne.

"Nous soutenons le fait que nos alliés américains, britanniques et français, en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, aient pris leurs responsabilités", indique Angela Merkel dans un communiqué. Et de poursuivre : "La mission militaire était nécessaire et proportionnée,  pour préserver l’interdiction des armes chimiques et mettre en garde le régime syrien contre toute nouvelle violation." Angela Merkel insiste à plusieurs reprises sur la nécessité de réduire les capacités d’actions militaires aux armes chimiques du régime syrien.

FDP : "Le massacre en Syrie ne peut se terminer que par la voie diplomatique"

C’est avec des propos proches de ceux d’Angela Merkel que la secrétaire générale du parti libéral FDP, Nicola Beer, s’exprime à la DW. "Ce fut une frappe militaire limitée et calculée qui devrait montrer à Assad et à ses alliés que les attaques au gaz toxique contre son propre peuple ne sont pas acceptables", déclare Nicola Beer. Mais elle précise que la guerre en Syrie ne pourra pas prendre fin uniquement avec de telles actions. "Le massacre en Syrie ne peut se terminer que par la voie diplomatique. Diplomatie qui reste cependant terriblement infructueuse", estime Nicola Beer.

Des voix au sein du parti FDP s’étaient déjà élevées ces derniers jours pour critiquer la position jugée trop en retrait d’Angela Merkel. "Si nos partenaires ont besoin de soutien et éventuellement d’aide, alors cela ne devrait pas être exclu dès le départ", avait dit Alexander Graf Lambsdorff, le chef adjoint du FDP au Bundestag.

Critique du parti Die Linke : "La désescalade doit être le mot d’ordre actuel"

Le parti à gauche Die Linke exprime, lui, une critique très claire. Le chef du parti, Dietmar Bartsch, condamne les attaques au micro de la DW. "Elles représentent une violation du droit international (...) indépendamment de ce qui s'est passé auparavant", selon lui. "Il n'y a pas de base légale pour cela, et le gouvernement fédéral devrait insister là-dessus."

Dietmar Bartsch ne voit pas quels pourraient être les résultats militaires de ces attaques et insiste davantage sur les conséquences possibles sur la situation de la région. "Quelqu'un devrait m'expliquer ce qui a changé avec cette attaque", dit-il. "La spirale de l'escalade continue de monter, le risque de guerre également." Et de continuer : "C'est pourquoi la désescalade et la diplomatie doivent être les mots d’ordre actuels." Selon Bartsch, le gouvernement fédéral devrait maintenant "travailler à la retenue de tous et demander le respect constant du droit international".

AFD : "Ce n’est pas une bonne politique étrangère pour l’Allemagne"

Pour le chef du parti d’extrême-droite AFD les attaques étaient précipitées. Dans un communiqué envoyé à la DW, Alexander Gauland estime qu’il manquait "des preuves solides d'une attaque aux armes chimiques contre la Douma". Une telle "revanche" aurait, selon lui, dû être plus "réfléchie" et lancée seulement "s'il était clair qu’un gaz toxique avait été utilisé et qu'Assad en était responsable".

Pour Alexander Gauland la position de Merkel est "habituelle et hésitante". Il reproche à la chancelière de vouloir "le beurre et l'argent du beurre". "Ce n’est pas une bonne politique étrangère pour l’Allemagne."

Les Verts attendent davantage d’explications du gouvernement

Le parti des Verts a appelé le gouvernement fédéral à plus d'engagement. "Le gouvernement fédéral a raisonnablement exclu que l'Allemagne soit impliquée militairement. Mais Angela Merkel a déjà dit à juste titre ,Il faut une réponse' ", déclare l’élu vert au Bundestag Omid Nouripour dans une interview à la DW. "Le gouvernement fédéral parle d’une réponse mais n'a pas encore expliqué à quoi celle-ci doit ressembler. C’est trop peu dire et nous attendons donc des explications."

Omid Nouripour met aussi en garde contre une escalade de la situation : "En droit international, une attaque militaire sans base solide représente un potentiel d’escalade de la violence très fort", estime-t-il. "Aucune évaluation complète de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques n'a été attendue."

Soutien du Bundestag

Le groupe parlementaire CDU-CSU au Bundestag a soutenu l'attitude du gouvernement fédéral. Le porte-parole du groupe, Jürgen Hardt, a déclaré dans un communiqué que l’intervention était adéquate. Lui et le groupe parlementaire exhortent la Russie à "permettre enfin une enquête complète sur l'utilisation d'armes chimiques par l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC)". Pour le groupe CDU-CSU, la Russie "doit aussi user de son influence sur Assad pour le contraindre à remettre toutes ses armes chimiques". Pour Jürgen Hardt, Assad avait caché une partie de celles-ci lors de la précédente campagne de destruction des Nations Unies. "Une solution durable au conflit ne pourra cependant se trouver qu’autour d’une table de négociations", estime Jürgen Hardt.

Le ministre des affaires étrangères critique la Russie

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, du parti SPD, critique, lui, le comportement de la Russie à l’ONU. "Le Conseil de sécurité des Nations Unies est, sur la question syrienne, y compris en ce qui concerne les armes chimiques, bloqué depuis des mois par les actions de la Russie, et n’a, cette fois-ci encore, pas pu remplir ses fonctions", écrit-il. Pour lui l’attaque "limitée" est donc un "signal raisonnable et nécessaire". Heiko Maas a annoncé que l'Allemagne continuerait à soutenir le processus de paix de Genève. "Le processus politique a besoin d'un nouvel élan et de la volonté de toutes les parties concernées pour trouver des solutions."

La ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, s’est exprimée sur le même ton. Tout doit être fait "pour relancer Genève", a-t-elle déclaré dans une brève apparition devant la presse.

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