Assimi Goïta peut-il et sera-t-il candidat à la présidentielle au Mali ? | Afrique | DW | 05.07.2022
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Afrique

Assimi Goïta peut-il et sera-t-il candidat à la présidentielle au Mali ?

L'élection présidentielle au Mali est prévue en février 2024. Mais déjà, l’éventualité de la candidature du colonel Assimi Goïta, à ce scrutin, fait débat.

Le colonel Assimi Goïta, chef de la transition malienne

Le colonel Assimi Goïta, chef de la transition malienne

Assimi Goïta sera-t-il candidat à la prochaine présidentielle prévue en février 2024 ? La question fait débat depuis quelques jours au Mali et pourrait même bientôt crisper le climat socio-politique.

Pour Aboubacar Sidiki Fomba, membre du Conseil National de Transition, joint par la Deutsche Welle, rien ne s’oppose à une candidature du chef de la junte et il revient à lui seul d’en décider.

"S’il le veut, il se présente, s’il ne le veut pas, il ne se présente pas. En se référant à la Charte de la transition, il est dit clairement que le président et le Premier ministre ne peuvent pas se présenter. Mais, il n’est pas dit que s’ils démissionnent, ils ne peuvent pas se présenter. Mais, tout sera décidé dans la nouvelle constitution. La Charte de la transition sera mise de côté", estime Aboubacar Sidiki Fomba.

Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre malien

Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre malien

Nouvelle loi électorale 

La nouvelle loi électorale adoptée le 17 juin par le Conseil national de transition (CNT), a en effet ouvert la voie à une éventuelle candidature du colonel Assimi Goïta.

Selon l’une des dispositions de cette nouvelle loi électorale, "tout membre des Forces armées ou de sécurité qui désire être candidat aux fonctions de président de la République doit démissionner six mois avant la fin du mandat en cours du président de la République".

Un délai raccourci en temps de transition : il suffit de quitter ses fonctions au sein des forces armées quatre mois avant la présidentielle pour pouvoir être candidat.

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Une candidature impossible 

Mais, pour le Dr Fousseyni Doumbia, constitutionnaliste et membre de la Commission de rédaction de la Charte de la Transition, ladite Charte - qui fait office de loi suprême - rend impossible toute candidature des membres de la transition aux prochaines élections.

"Pour ce qui est surtout du président de la transition, il est explicitement dit qu’il ne peut pas être candidat et que cette disposition ne peut pas être l’objet de révision dans la charte. C’est une ligne rouge inscrite dans la charte qui ne peut pas être changée afin d’éviter toute confiscation du pouvoir par les militaires. Même après l’adoption d’une nouvelle constitution, la charte de la transition va rester en vigueur jusqu’à la prestation de serment du nouveau président de la République", explique le constitutionnaliste.

Le constitutionnaliste malien est rejoint sur la question par Souleymane Camara, de la Ligue malienne des droits de l'Homme.

"La loi dit que tout officier malien qui veut se présenter à une élection présidentielle doit démissionner de l’armée six mois avant l’élection. C’est une disposition qui existe depuis longtemps, avant même le coup d’Etat. Et il y a la Charte de transition qui dit qu’il ne peut pas se présenter. C’est lui-même qui a signé cette charte. Les choses sont très claires. Il ne peut pas se présenter", dit Souleymane Camara.

De nombreux Maliens seraient pour une candidature d'Assimi Goita

De nombreux Maliens seraient pour une candidature d'Assimi Goita

"Assimi, l'homme de la situation"

La candidature du colonel Assimi Goïta, un souhait partagé par de nombreux Maliens selon Aboubacar Sidiki Fomba, du Conseil National de Transition.

"Je peux vous assurer que la candidature du colonel Assimi Goïta, c’est une demande de la population malienne. La totalité de la population souhaite cette candidature. C’est ce qui arrange le Mali. Mais ça dépend d’Assimi lui-même", affirme Aboubacar Sidiki Fomba.

La candidature d’Assimi Goïta est une éventualité déjà rejetée par la Cédéao selon des participants au dernier sommet d’Accra. L’organisation craint que cela fasse tache d’huile au Burkina Faso et en Guinée, deux pays également sous transitions militaires.