1960-2020: Riche Niger, pauvres Nigériens | Afrique | DW | 03.08.2020
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Afrique

1960-2020: Riche Niger, pauvres Nigériens

Les citoyens nigériens se mobilisent pour la gestion des ressources naturelles de leur pays. Le sous-sol du Niger est riche, mais l'exploitation des ressources n'est pas transparente.

Vers une meilleure redistribution de l'exploitation des ressources naturelles?

Vers une meilleure redistribution de l'exploitation des ressources naturelles?

Après 60 ans de souveraineté, le Niger peine à tirer profit de l'exploitation de ses ressources naturelles. L'uranium, l'or et le pétrole sont exploités dans l'opacité, une situation dénoncée par les citoyens dont la majorité vit dans la pauvreté.

Pour Nouhou Mahamadou Arzika, acteur de la société civile, le Niger s'est fait piéger dans les accords de défense signés le 24 avril 1961 avec la France:

"On nous a fait signer un accord de défense dans lequel certaines richesses importantes comme l'uranium, le lithium et la plupart de nos richesses du sous-sol ont été réservées à leur usage. Ils ont considéré que notre pays doit pratiquement laisser carte blanche à la France pour qu'elle puisse user et abuser de nos ressources."

Pour Abdoulaye Seydou, du réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement, on ne peut pas parler d'indépendance au Niger car les ressources naturelles sont contrôlées par une entreprise française en faveur de laquelle le gouvernement modifie les lois.  

"La loi minière a dû être mise de côté et on est même parti signer un partenariat stratégique qui permet à Areva (Orano désormais) de continuer à exploiter les ressources naturelles sans se conformer à la loi. Par la suite, l'Etat du Niger a été obligé de modifier cette loi pour satisfaire les desiderata d'Areva."

Le chef d'Areva et l'Etat du Niger ont renégocié leur contrat sur l'uranium en 2014

Le chef d'Areva et l'Etat du Niger ont renégocié leur contrat sur l'uranium en 2014

Aujourd'hui, ce problème mobilise la nouvelle génération face à ce qu'elle considère comme le pillage des ressources naturelles du pays, alors que selon la Banque mondiale, 44,5% de la population vivait en 2014 avec 1,90 dollars par jour.

Omar Albadé est un leader estudiantin et il estime ainsi que les jeunes doivent désormais lutter pour que le peule soit entendu :

"Le mal de nos pays aujourd'hui est que le peuple n'est pas écouté. Or, la véritable démocratie c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple et c'est ce qui n'est pas en train de se faire. Je me dis qu'on ne doit pas rester là à pleurnicher ou à jouer aux victimes mais il va falloir qu'on se réveille tous ensemble et qu'on puisse se battre. Voilà pourquoi en tant que génération nouvelle, nous avons notre slogan qui est S'engager ou périr. Nous avons compris qu'il faut que nous nous engagions."

60 ans d'indépendance et le Niger continue de dépendre des importations dans plusieurs secteurs. Le pétrole exploité par la Chine connait d'ailleurs le même scenario que l'uranium. 

Depuis quelques semaines, la société de raffinage, contrôlée par des Chinois, bloque ainsi l'approvisionnement de la Société nationale de distribution des hydrocarbures pour cause de factures impayées.

 

 

A lire aussi : Les femmes du Niger et les 60 ans de l'indépendance

Voir la vidéo 03:31

Au Niger, la population échappe à la pauvreté grâce aux cultures irriguées

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