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Xénophobie en Afrique du Sud : Kinshasa sous pression

11 mai 2026

Face aux violences xénophobes en Afrique du Sud, des Congolais de la diaspora exigent de Kinshasa des mesures urgentes pour protéger les ressortissants de la RDC et aider les Congolais touchés.

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Afrique du Sud Johannesbourg 2019 | Vague de violences contre les étrangers a Katlehong (archive)
Les violences xénophobes sont signalées depuis la fin des années 1990, en Afrique du Sud. Les Congolais de la diaspora se disent abandonnés.Image : Guillem Sartorio/AFP/Getty Images

Alors que des étrangers sont victimes d’attaques xénophobes en Afrique du Sud depuis la fin du mois d’avril, des ressortissants de la République démocratique du Congo appellent à une réaction rapide des autorités de RDC.

Cet appel survient après les déclarations de la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Vendredi dernier, devant l’Assemblée nationale, elle a indiqué que le gouvernement s’emploie à protéger les Congolais vivant en Afrique du Sud. Elle a précisé que quatre d’entre eux ont déjà été victimesd’agressions physiques et de dégâts matériels.

Ces dernières semaines, les attaques ont notamment ciblé les provinces du Cap-Occidental, du Gauteng et du KwaZulu-Natal. Parmi les communautés visées figurent les Congolais, mais aussi les Nigérians et les Zimbabwéens.

Les Congolais entre espoir et déception

Les Congolais vivant en Afrique du Sud saluent l’annonce du gouvernement congolais. Mais certains estiment que ces mesures restent insuffisantes. L’un d’eux, qui a préféré garder l’anonymat, déplore un sentiment d’abandon, alors que beaucoup font face à des conditions de vie difficiles.

" Nous voulons que le gouvernement réagisse sur le plan juridique. En plus, qu’il y ait une aide humanitaire pour les Congolais en Afrique du Sud qui sont démunis. Nous nous sentons souvent abandonnés. "

Face aux difficultés, certains envisagent le retour au pays

La diaspora congolaise figure parmi les plus importantes communautés africaines en Afrique du Sud. Selon des experts, elle comptait entre 240 000 et 300 000 personnes en 2024. Certains d’entre eux envisagent un retour au pays.
Emmanuel Nerushimwena, installé depuis trente ans en Afrique du Sud, appelle le gouvernement congolais à intervenir : "Il y a beaucoup de sans-papiers. Le moyen de les aider c’est peut-être de proposer si les gens voudraient rentrer volontairement au Congo et peut-être les faire rentrer, mais aussi assister les Congolais qui ont été victimes de tout ce qui se passe." 

Afrique du Sud Pretoria 2025 | La communauté congolaise proteste devant la délégation de l'UE contre le conflit en RDC
Selon des experts, la communauté congolaise en Afrique du Sud comptait entre 240 000 et 300 000 personnes en 2024. Certains d’entre eux envisagent un retour au pays.Image : Phill Magakoe/AFP/Getty Images

Le permis de travail, une piste de solution

De son côté, Bonheur Mvila, Congolais vivant dans l’une des provinces touchées par les attaques Xénophobes, suggère la mise en place d’un partenariat entre Kinshasa et Pretoria, afin de régulariser la situation des Congolais sans papier.

" Accorder des permis de travail à tous les Congolais permettrait de régulariser ceux qui sont en situation irrégulière. C’est quelque chose qui est faisable et ça protègerait les Congolais. Ça leur permettrait de sortir de l’Afrique du Sud quand ils le souhaitent. "

Un appel à la diaspora et aux autorités congolaises 

En Afrique du Sud, certains accusent régulièrement les étrangers de leur prendre leurs emplois. Nixon Katembo, expert en question migratoires recommande aux Congolais de s’intégrer davantage, en respectant les lois et les valeurs locales. Il appelle les autorités congolaises à améliorer les conditions de vie en RDC pour reduire les départs.

Respecter le droit, les mœurs et les valeurs sociales des Sud-Africains, recommande Nixon Katembo. C’est très important de ne pas avoir des conflits avec les locaux. C’est au gouvernement congolais de stabiliser la RDC pour que le peuple congolais puisse jouir de la paix et de la stabilité économique. Ce qui pousserait les Congolais à rester au pays.

Les violences xénophobes en Afrique du Sud ne sont pas nouvelles. Elles sont signalées depuis la fin des années 1990. Les plus meurtrières remontent à 2008, avec plus de 60 étrangers tués à Johannesburg et dans ses environs. D’autres vagues d’attaques ont été enregistrées aussi en 2015 et en 2019.

Vue d'une artère très empruntée de Kinshasa
Jean-Noël Ba-Mweze Correspondant à Kinshasa en RDC pour le programme francophone de la Deutsche Welle@ba_mweze