Un coup d′Etat militaire qui fait profil bas au Zimbabwe | Afrique | DW | 17.11.2017
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Afrique

Un coup d'Etat militaire qui fait profil bas au Zimbabwe

L'armée négocie, sans succès, le départ de Mugabe qui est apparu pour la première fois vendredi en public. Alors peut-on s’attendre, à l’image de l’Egypte lors du printemps arabe, à ce que l'armée prenne le pouvoir ?

Au Zimbabwe, les chars de l’armée stationnent depuis mardi à Harare, la capitale mais la situation reste confuse. Le tweet ci-dessous montre Mugabe en discussion avec l'Armée. 

Les craintes de voir les militaires prendre effectivement les rênes de l’exécutif zimbabwéen sont partagées par plusieurs observateurs. Pour le moment, aucun accord n’a été trouvé entre les militaires et Robert Mugabe sur le possible retrait de ce dernier. 

On redoute aussi que l’armée s’empare du pouvoir et ne lâche rien comme ce fut le cas en Egypte avec le maréchal Abdel Fattah Al Sissi. C’est en tout cas l’avis du journaliste Seyi Gesinde, chef du Desk international au journal nigérian Tribune Online. 

"Al Sissi s’était carrément accaparé le pouvoir en Egypte. Après avoir jouit des bienfaits du pouvoir, il a préféré s’accrocher", rappelle-t-il. "Dans le cas du Zimbabwe, il est à craindre que si les négociations entamées par l’armée avec Mugabe ne réussissent pas, les militaires eux aussi prennent le pouvoir et cherchent à s’accrocher", commente-t-il. 

La mainmise des militaires dans l'économie 

Mais une prise du pouvoir ne changerait pas grand chose dans les faits. Même si le Zimbabwe est dirigé depuis 37 ans par un civil, l’armée a toujours contrôlé les rouages du pouvoir ou encore les principaux secteurs économiques. Elle n'a donc pas besoin de prendre le pouvoir pour contrôler le pays.

"Il y a des militaires à la tête de majorité des entreprises étatiques du Zimbabwe. A l’est du pays, par exemple, dans des localités comme Marange ou Chiadzwa, vous avez des mines de diamant qui sont contrôlées par des militaires. Donc les militaires ont déjà ce qu’ils veulent. C'est pourquoi, ils vont préférer qu'un civil dirige le pays", soutient Nick Branson, spécialiste du Zimbabwe et chercheur à l’Institut de recherche sur l’Afrique de Londres.

A en croire le chercheur, l’armée zimbabwéenne n’a aucun intérêt à se saisir formellement du pouvoir. Celle-ci fait plutôt attention aux réactions de la communauté internationale.

 

Manifestations ce samedi

Le chef des anciens combattants de la guerre d'indépendance du Zimbabwe, Christopher Mutsvangwa, a exhorté Mugabe à quitter le pouvoir et appelé la population à manifester samedi à Harare pour soutenir l'armée. À l'international et en Allemagne, les appels à un changement via un processus démocratique se multiplient.

Certains craignent une reprise en main par le vice-président limogé Emmerson Mnangagwa. "Si c'est lui qui reprend le pouvoir, rien ne changera dans l'immédiat car il fait partie du système depuis des années", estime par exemple le député social-démocrate Martin Rabanus, président de groupe parlementaire Afrique australe au Bundestag allemand.