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PolitiqueUkraine

"Vladimir Poutine compte sur le conflit Israël-Hamas"

24 octobre 2023

Cela fait 20 mois que la Russie a envahi l’Ukraine. L’attaque du Hamas a relégué au second plan la guerre en Ukraine, selon le chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier.

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Un centre de distribution postale par des missiles russes, dans un village à l'extérieur de Kharkiv (22.10.2023)
La guerre en Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts et poussé des millions d’Ukrainiens à l’exil Image : Sofiia Gatilova/REUTERS

Le soutien à Israël n’affectera pas l’aide à l’Ukraine. C’est ce qu’a assuré le chancelier allemand Olaf Scholz mardi (24.10.2023) au cours d’un forum économique germano-ukrainien à Berlin.  

"Nous soutenons l'Ukraine économiquement, financièrement, avec une aide humanitaire mais aussi avec des armes. Ce soutien ne sera en aucun cas affecté par le fait que, depuis les horribles heures du matin du 7 octobre, nous sommes tournés vers Israël et le Moyen-Orient avec la plus grande compassion et la plus grande inquiétude", a déclaré le chancelier allemand. Olaf Scholz a affiché le soutien indéfectible envers Israël et l’Ukraine.  

"Poutine a envahi l'Ukraine parce que, dans son aveuglement impérialiste, il s'attendait à une victoire facile et rapide. Il s'est trompé. Et il se trompe à nouveau s'il pense pouvoir tenir plus longtemps que nous", a poursuivi Olaf Scholz.

Ecoutez l’interview du chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier

Les bombardements russes continuent

L’attaque du Hamas contre Israël semble cependant avoir relégué au second plan la guerre en Ukraine. Cela fait 20 mois aujourd’hui que cette invasion a débuté. Mardi (24.10.2023), des bombardements russes ont fait huit blessés dans les régions ukrainiennes de Kherson et Kharkiv.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre ukrainien lors du forum germano-ukrainien à Berlin (24.10.2023)
L'Allemagne est au deuxième rang des pays pourvoyeurs d'aide financière et militaire à l'Ukraine, derrière les Etats-UnisImage : John MacDougall/AFP/Getty Images

Selon Jean-Sylvestre Mongrenier, directeur de recherche à l’Institut Thomas More, la guerre en Ukraine est oubliée dans les médias et cela pourrait profiter à long terme à Vladimir Poutine.

Jean-Sylvestre Mongrenier : Il [Vladimir Poutine] compte sur ce conflit [entre Israël et le Hamas]. C’est vrai que cela a un effet de diversion, cela a contraint les Etats-Unis et les puissances occidentales à se pencher sur la situation au Moyen-Orient. C’est quelque chose de bénéfique, encore plus si ça avait des effets sur la logistique, sur l’approvisionnement en munitions, en équipements, puisqu’il faudrait que les Etats-Unis notamment ravitaillent à la fois l’Ukraine et à la fois Israël.   

DW : Les Etats-Unis ont promis récemment de l’aide à l’Ukraine. Le chancelier allemand a dit mardi (24.10.2023) que le soutien allemand à Israël ne va pas contrecarrer l’aide à l’Ukraine. En 20 mois de guerre, où en est-on, ou tout est figé ?

Ce n’est pas figé, la guerre continue. Quand bien même ce serait une guerre de position, une guerre d’usure qu’une guerre de mouvement, c’est quand même la guerre. Il y a bel et bien des opérations de part et d’autre. Les enjeux de la guerre en Ukraine sont majeurs, bien sûr pour les Ukrainiens. Il s’agit d’effacer l’Ukraine de la carte en tant qu’Etat, en tant que nation.

DW: La Russie appelle au cessez-le-feu alors que dans le cadre de la guerre en Ukraine, elle n’est pas encline à accepter la cessation des hostilités. Est-ce que Moscou peut être prise à son propre piège ?

Je ne pense pas. C’est vrai que sur le plan de la non-contradiction, sur le plan de la logique aristotélicienne, on pourrait leur faire remarquer que s’ils sont attachés à la cause de la paix, il pourrait commencer à cesser les opérations en Ukraine et puis rappeler leurs troupes. Mais c’est un autre plan, c’est avant tout un argument de propagande. Cet argument de propagande porte. Et on voit qu’ils sont prêts à mettre à mal les relations qu’ils ont pu développer avec Israël.