Préparé dans une marmite fumante, relevé de sauce tomate et de piment, ce mets porte différents noms selon les pays d’Afrique de l’Ouest : Ayimolou au Togo, watché au Ghana, Atassi au Bénin. Partout, il reste un symbole de simplicité et de générosité.
Un rituel quotidien au cœur des quartiers
Pour beaucoup de Togolais, l’Ayimolou est un incontournable. "J’adore Ayimolou, nous le mangeons tout le temps", confie Amouzou Isaac. Nourrissant et abordable, il est apprécié pour l’énergie qu’il procure. "En le mangeant, tu es en forme, en bonne santé", renchérit Tognigan Blessing.
Dès l’aube, les points de vente de quartier sont pris d’assaut. Chacun compose son assiette selon ses moyens et son appétit : œufs bouillis, poulet, poisson frit, croupion de dinde, salade ou pâtes viennent compléter ce plat servi sur le pouce, pour quelques francs CFA.
Des vendeuses au cœur de l’innovation
Au-delà de la tradition, l’Ayimolou s’adapte aux modes de vie urbains. Certaines vendeuses assurent désormais des livraisons à domicile, sur les lieux de travail, dans les marchés ou même les hôpitaux. "Dès le matin, c’est Ayimolou que la majorité préfère", explique Davi Elise, vendeuse à Lomé.
L’innovation va encore plus loin avec l’apparition de l’Ayimolou précuit. "Tu ajoutes de l’eau selon les indications, un peu de piment, et tu manges Ayimolou partout et à tout moment", détaille Adanlé Fidélia, également vendeuse.
Un festival et une ambition internationale
Cette popularité a donné naissance à l’Ayimolou Festival, un événement qui célèbre le plat et rend hommage aux femmes qui nourrissent quotidiennement la capitale togolaise. Pour ses initiateurs, l’enjeu dépasse la fête.
"L’objectif est de mettre Ayimolou au niveau international, comme le tieboudienne au Sénégal ou l’attiéké", explique Bernard Bokodjin, initiateur du festival. À terme, le projet vise même une inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, en collaboration avec le ministère de la Culture.
Plat du peuple, l’Ayimolou regarde désormais au‑delà des frontières. Si le chemin vers une reconnaissance mondiale est encore long, l’engouement, lui, ne faiblit pas.