Tchad : Zenab Orti, obligée de vivre cachée pour avoir manifesté | Afrique | DW | 03.05.2019
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Afrique

Tchad : Zenab Orti, obligée de vivre cachée pour avoir manifesté

L'activiste Zenab Orti ne se sent plus en sécurité. Elle se dit menacée par ses parents qui désapprouvent son engagement militant.

Écouter l'audio 02:13

Ecoutez l'interview de Zineb Orti...

Malgré la libération lundi dernier des 12 activistes arrêtés le 25 avril lors de la marche pacifique, certains d’entre eux affrontent désormais des violences et tracasseries quotidiennes. C’est le cas de l’écrivaine et sociologue Zenaba Tidjani, connue sous le nom de Zenab Orti, qui a été battue et menacée de mort par ses parents, à tel point qu'elle vit désormais cachée. Ces jeunes avaient organisé une marche pacifique pour protester contre la pénurie du gaz butane qui perdure depuis plus de cinq mois au Tchad.

Zenab Orti, battue par son tuteur et menacée de mort par certains membres de sa famille proches du régime, est désormais obligée de vivre cachée :

 "A l’heure où je vous parle, je suis persécutée par ma propre famille qui m’a bastonnée juste après ma libération par le parquet. Certains membres de ma famille ont demandé à mon bourreau de me tuer parce qu’ils ne veulent pas avoir de problème avec le régime actuel. Je ne sais pas si c’est pour préserver un quelconque intérêt. A l’heure où je vous parle, les rues sont surveillées pour me traquer et me faire taire à jamais. Et le pire pourrait arriver à tout moment. Vu mon engagement sur les réseaux sociaux, les internautes se sont levés pour prendre ma photo et la juxtaposer à celle d’Hallah Salah du Soudan pour dire que si le Soudan a Hallah Salah, le Tchad a également son Halla Salah qui est Zenab. Mais je leur ai toujours dit qu’il n’y a pas lieu de faire une comparaison entre cette dame et moi."

Zenab Orti participe à une conférence de presse après sa libération avec d'autres activistes.

Zenab Orti participe à une conférence de presse après sa libération avec d'autres activistes.

"Que le régime arrête de persécuter ces jeunes"

Deux camarades de Zenab Orti subissent les mêmes tracasseries. Il s’agit de l’artiste rappeur Ray’s Kym, recherché par des inconnus depuis sa libération, et de Racky Diallo, sommée par son bailleur de quitter son appartement à cause de sa participation à cette marche pacifique.

Celine Narmadji, est porte-parole de la coalition citoyenne "Trop c’est Trop". Très active dans la lutte sociale au Tchad, elle se dit sidérée par la situation :

"C’est le régime qui est en train de faire ça pour décourager d’autres militants qui vont se lever. Comme ce sont des jeunes qui n’ont pas de maison, ils sont chez leurs parents, on peut payer les parents pour les mettre à la rue et ainsi donner une leçon à d’autres jeunes qui pourraient oser s’engager sur ce chemin. Mais c’est un faux débat, quand quelqu’un veut lutter, il va le faire même mis à la rue. C’est trop mesquin pour un Etat qui se veut démocratique. Que le régime arrête de persécuter ces jeunes. Cette lutte dans laquelle on s’est engagé, c’est pour la vie."

Par ailleurs, un des 13 manifestants arrêtés lors de la marche pacifique du 25 avril est toujours détenu par la police. Il s’agit de l’activiste Tokama Kemaye, accusé selon des sources proches du parquet d’être en contact avec la rébellion. La police affirme le garder en détention pour les besoins de l’enquête.

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