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Site minier de Rubaya : encore un accident mortel

4 mars 2026

A Rubaya dans le Nord-Kivu, six corps seraient retrouvés, alors que les opérations de recherche des victimes se poursuivent

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ARCHIVES | République démocratique du Congo Rubaya 2025 | Extraction de coltan et de manganèse dans une mine contrôlée par les rebelles du M23
La mine de Rubaya est située dans une zone sous tensionsImage : Jack Hill/News Licensing/IMAGO

Ce drame survient dans un contexte humanitaire préoccupant. La cité minière, touchée par les combats entre l’armée congolaise et la rébellion du M23, accueille un grand nombre de déplacés fuyant les violences dans les localités environnantes. La situation devient donc critique pour les milliers de personnes qui affluent sur le site. 

Depuis les premières heures de ce mercredi matin, les mineurs et les acteurs locaux poursuivent l’extraction des corps ensevelis sous la terre. Le nombre exact de victimes n’est pas encore officiellement confirmé, mais plusieurs morts sont déjà signalés. 

Un accident survenu dans une zone sous tensions

Selon la société civile locale, ce drame intervient dans un contexte de forte pression des déplacés internes qui fuient les combats se rapprochant de la ville minière, toujours détenue par la rébellion du M23. 

Rubaya accueille des milliers de déplacés venus de plusieurs localités du territoire de Masisi. 

Mais la situation est particulièrement complexe : les rebelles auraient interdit la construction de camps destinés à accueillir ces déplacés. Ils auraient également interdit aux écoles d’héberger ces populations. 

Par ailleurs, de nombreux enfants ont été séparés de leur famille dans leur fuite.  

Télesphore Mitondeke, membre de la société civile de Masisi dit  "qu'il y a d’autres populations qui ont pris la voie de la brousse et dont le sort n’est jusque-là pas connu. Plusieurs enfants sont séparés et sont non accompagnés. D’autres catégories très vulnérables sont les personnes vivant avec handicap. La précarité humanitaire qui caractérise la région actuellement est très alarmante".

Une pénurie de médicaments préoccupante

Faute de camp d’accueil officiel, de nombreux déplacés se concentrent dans les sites miniers pour tenter de trouver de quoi survivre. Cette ruée vers les mines aurait doublé les activités d’exploitation. 

Et pendant que les familles pleurent leurs morts, les blessés du glissement de terrain sont pris en charge au centre de soins de Rubaya.  

Demokratische Republik Kongo Rubaya 2025 | Minenarbeiter laden Coltan-Erz in umkämpftem Gebiet
Les conditions des mineurs est souvent pointée du doigtImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

 Mais là aussi, la situation est critique. Un médecin, qui a requis l’anonymat, décrit une structure sanitaire débordée : 

"L’hôpital de Rubaya est géré par la zone de santé de Kirotshe. Certaines organisations humanitaires ont déjà déclaré la zone de Rubaya comme une zone “no go”. Donc les rescapés risquent de succomber à leurs blessures, car ils sont nombreux, mais les médicaments sont en petite quantité. Les médicaments de première urgence sont en carence. Il poursuit en expliquant que "les organisations partenaires qui aident le pays avec ces intrants ne peuvent pas arriver à Rubaya."

La ville minière de Rubaya est actuellement considérée comme une zone à haut risque, en raison de l’insécurité persistante, des bombardements de drones signalés dans la région et des catastrophes naturelles, comme ce récent glissement de terrain.  

L’accès humanitaire y est fortement limité. En attendant une éventuelle assistance, les personnes déplacées continuent de chercher de la nourriture, tandis que les opérations d’enterrement des victimes se poursuivent.