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Une femme se tient dans la cour du camp pour personnes déplacées de Kayembe, près de Goma, (30 août 2021)
Des milliers de personnes doivent vivre dans des camps à la suite des combats opposants les FARDC aux rebelles. Image : GUERCHOM NDEBO AFP via Getty Images

"La voix des déplacés" raconte le quotidien des déplacés

Nety Zaidi Zanem
30 novembre 2022

En RDC, les journalistes déplacés de Rutshuru ont créé le journal "Sauti ya Wahami" pour informer sur la vie des populations dans les camps de déplacés.

https://p.dw.com/p/4KJGQ

"Mauvaises conditions de vie des déplacés dans le site de Kanyarushinya…"

Voici un extrait d'une des éditions du journal spécial "Sauti ya wahami" qui présente les conditions dans lesquelles vivent les déplacés. A Goma, ils sont une dizaine de journalistes à avoir fui la guerre contre le M23 dans le territoire de Rutshuru

Soucieux de rendre service à leur communauté, ils produisent ce journal quotidien qui est diffusé sur les radios communautaires de Goma. 

Eugène Rwanze, journaliste de Rutshuru déplacé à Goma, est le rédacteur en chef de ce journal et il tient à rappeler les difficultés que ces populations déplacées vivent au quotidien.

Alerter l’opinion nationale et internationale

"Tout ce que nous faisons, c'est de donner la parole aux personnes déplacées pour qu'elles s'expriment sur toutes les difficultés qu'elles traversent sur les sites et dans les familles d'accueil, explique Eugene Rwanze à la DW. Et l'objectif principal est de pouvoir amener l'opinion nationale et internationale et les décideurs à comprendre qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas au niveau des déplacés".  

Ecoutez le reportage de Zanem Nety Zaidi, le correspondant à Goma

Chantal Kahashi, une déplacée dans la ville de Goma, est une fidèle auditrice de cette émission. Selon elle, c'est un média qui lui permet de se tenir au courant des réalités qui sont devenues la vie de certaines familles qu'elle connaît de Kiwanja, sa région d'origine. 

Pour elle, ce journal est la principale source d'information sur la situation des déplacés

"Nous avons eu la chance d'être dans des familles d'accueil et ce journal nous permet de savoir ce qui se passe chez nos frères et sœurs qui se sont installés dans les sites de déplacés", raconte Chantal Kahashi à la DW.

Cette déplacée de Goma ajoute : "ce journal nous permet aussi de savoir si nous pouvons avoir un problème malgré le fait d'être dans des familles d'accueil, à qui nous pouvons nous adresser et comment nous pouvons le faire." 

Du réconfort pour les personnes déplacées

Pour sa part, Jovial Eliezer Chikwanine, journaliste et directeur des programmes de Radio Colombe FM à Goma, explique que ce journal permet aux personnes qui ont dû fuir de retrouver leurs habitudes.

"C'est un journal qui essaie de réunir les gens qui ont fui les affrontements, surtout avec les collègues qui sont déplacés dans la ville de Goma. C'est une émission qui essaie de les réunir pour qu'ils ne perdent pas le fil des opportunités de travail", précise Jovial Eliezer Chikwanine à la DW.  

Certains des milliers de réfugiés qui ont quitté le camp de réfugiés de Kanyarushinya pour fuir les combats entre l'armée de la RDC et les rebelles dans l'est du Congo.
Le journal "La Voix des déplacés" est une tribune pour les populations fuyant les violences dans l’Est de la RDCImage : Benjamin Kassembe/DW

Le directeur des programmes pense que "ça les réconforte, le fait de travailler ensemble, aussi dans la diffusion de ce journal qui permet aux déplacés qui ne sont pas loin de la ville de Goma de suivre ce qui se passe dans leur Rutshuru natal. Cela les rapproche aussi. Vous savez quand quelqu'un qui a fui les affrontements de Rutshuru pour Goma suit à la radio le journaliste qu'il a l'habitude de suivre en territoire de Rutshuru, ça le réconforte à nouveau, il a l'impression de ne pas avoir vraiment perdu tout ce qu'il avait et il se sent plus proche du collègue qu'il a toujours suivi".

Rappelons que depuis la résurgence du M23 dans la province du Nord-Kivu, plus de 3.000 familles ont été contraintes de fuir leur maison pour trouver refuge à Kanyarushinya, au nord de Goma, dans le territoire de Nyiragongo. Vieux, jeunes et enfants sont mélangés et vivent dans des conditions précaires.