Plus de 2.000 cas de viols chaque année au Nigeria | Afrique | DW | 17.06.2020
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Afrique

Plus de 2.000 cas de viols chaque année au Nigeria

Le pays connaît une épidémie de viols mais les chiffres officiels sont très loin de la réalité. Une victime déplore l'attitude de la police après son viol.

Les femmes au Nigeria dénoncent le viol (picture-alliance/NurPhoto/A. Ajayi)

Les femmes au Nigeria dénoncent le viol

Le viol et l’assassinat récent de deux étudiantes a choqué le Nigeria et mis en lumière l’importance du phénomène. Un phénomène que les autorités nigérianes sous-estiment pourtant. Officiellement, selon le Bureau nigérian des statistiques, le pays n’enregistre que 2.200 cas de viols chaque année pour une population de près de 200 millions d’habitants.

La faiblesse des chiffres s’explique par le fait que la grande majorité des viols ne font pas l’objet d’une plainte des victimes. Celles-ci redoutent d'être stigmatisées.

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La honte de soi

Favour, 22 ans, a été victime d’un viol en 2018. "J’ai survécu aux violences sexuelles et j’ai compris le sens d’être violée, mentalement et physiquement", confie-t-elle. Elle pousse un soupir et confie avoir été "abattue". "J’ai pleuré, j’avais honte de moi-même, je me sentais morte comme si on avait enlevé une précieuse chose en moi, j’étais abasourdie et en attente d’être fixée de nouveau".

Les femmes peuvent compter sur le soutien de certains hommes dans la lutte contre le viol (picture-alliance/NurPhoto/A. Ajayi)

Les femmes peuvent compter sur le soutien de certains hommes dans la lutte contre le viol

Favour a eu la chance de bénéficier de soutien familial, en particulier celui de sa mère, plutôt rare dans ce genre de cas :

"J’ai évoqué mon viol avec mes parents, je m’attendais aux réprimandes comme d’habitude, mais, au contraire, j’ai reçu de l’amour et le soutien de ma famille. Je veux dire le plus grand soutien qu’on ait jamais reçu, ça a été thérapeutique, c’était plus qu’un soutien familial dont j’ai bénéficié."

Lenteur des procédures judiciaires

Sa mère a ainsi joué un grand rôle afin qu’elle essaie de surmonter ce viol car elle lui a "rappelé qu’il fallait être au-dessus de la mêlée concernant la virginité, oublier ce qu'il s’était passé en bas mais en revanche être forte dans la tête. Elle m’a aidé à avoir confiance en moi-même".

Cependant, Favour dénonce l’attitude de la police nigériane lorsqu’elle est allée au commissariat pour porter plainte : "Je suis allée à la police et ils m’ont dit, on doit t’examiner pour savoir si tu as réellement été violée, comme si je mentais, et mon viol n’a pas  été validé", raconte-t-elle. "J’aurais aimé être soutenue et non être rejetée comme l’ont fait les policiers. Je me suis sentie mal, comme si le monde me tournait le dos."

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Malgré l’attitude de la police nigériane et la lenteur des procédures judiciaires vis-à-vis du viol au Nigeria, Favour exhorte les victimes et les parents à toujours porter plainte pour mettre fin à  l’épidémie de viol. Pour l’heure, les enquêtes de la police se poursuivent dans les Etats d’Edo et d’Oyo, dans le sud-ouest du Nigeria, pour arrêter les auteurs des crimes des deux étudiantes violées et assassinées.

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