Personnalités politiques, militaires et chefs d′entreprises publiques djiboutiens seraient impliqués dans un trafic d′armes | Afrique | DW | 07.09.2018
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Afrique

Personnalités politiques, militaires et chefs d'entreprises publiques djiboutiens seraient impliqués dans un trafic d'armes

Un rapport de E.X.X Africa pointe du doigt des hauts dignitaires. Les armes alimenteraient les conflits dans la Corne de l'Afrique.

Écouter l'audio 02:00

"Le contingent djiboutien dans l'AMISOM est impliqué dans un trafic d'armes" (Robert Besseling, E.X.X Africa)

De hautes personnalités politiques, militaires et des chefs d'entreprises publiques djiboutiens seraient impliqués dans un trafic d'armes, selon un rapport de E.X.X Africa, une société spécialisée dans l'analyse des risques politiques et économiques en Afrique. Il s'agit d'armes venant du Yémen et de la Chine, destinées à alimenter des conflits dans la Corne de l'Afrique.

Selon E.X.X Africa, ces armes transitent par le terminal portuaire de Doraleh, contrôlé par le gouvernement djiboutien. Elles sont également transportées à bord d'embarcations de pêche, à destination des groupes rebelles en Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ethiopie. 

La mission de l'UA impliquée

Ces armes arriveraient aussi en Somalie par le biais du contingent djiboutien au sein de l'AMISOM, la Mission de l'Union africaine en Somalie. "Nous avons identifié un nombre de leaders politiques au sein du gouvernement et dans l'armée et même des chef d'entreprises publiques qui facilitent, financent ou coordonnent le transport de ces armes, venant du Yémen ou de la Chine, vers des foyers de tension en Afrique", raconte Robert Besseling, le directeur exécutif de E.X.X Africa.

"Nous avons la preuve que le contingent djiboutien au sein de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) fait passer, à la frontière, des armes de Djibouti vers le nord de la Somalie aux séparatistes armés, loyaux au gouvernement djiboutien ou financés par lui", affirme-t-il encore. Une bonne quantité de ces armes serait destinée au Puntland, une région située dans le nord de la Somalie.

Jean-Loup Shaal est président de l'Association pour le respect des droits de l'homme à Djibouti. Il explique que Djibouti ne souhaite pas annexer le Puntland, mais établir un contrôle durable sur cette région. Selon lui, "cela arrange Djibouti, puisque cette région du nord-est de la Somalie - qu'on appelle souvent le Puntland - est plutôt en opposition avec le gouvernement actuel, avec les autorités somaliennes". Du moins, si l'on peut les qualifier d'autorités, "puisqu'on sait qu'elles ont un pouvoir très limité dans le pays. Mais il y a un conflit, donc ça lui sert."

Silence complice de puissances occidentales

Dschibuti US-Militärstützpunkt Camp Lemonnier (Imago/StockTrek Images)

Des soldats américains à Djibouti.

Le rapport souligne que ce trafic d'armes se déroule sous le regard des puissances militaires, installées à Djibouti, parmi lesquelles la France, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon. Mais ces pays préfèrent garder le silence. "Les nations occidentales, qui pourraient émettre des sanctions, ne peuvent pas le faire. Parce que sinon ce sera la Chine qui va prendre tout le territoire, toute l'économie", assureJean-Loup Shaal, président de l'Association pour le respect des droits de l'homme à Djibouti. "D'autre part, Djibouti a un double langage, parce que Djibouti envoie une force en Somalie, Djibouti participe au ravitaillement des bateaux de la force antipirate. Donc le pays se donne une bonne image publique. Et tout se fait par en dessous."

Après le rapprochement entre l'Ethiopie et l'Erythrée, cette affaire de trafic d'armes risque d'accroître de nouveau la tension dans la Corne de l'Afrique. Le pire scénario serait de voir ces armes tomber aux mains de groupes terroristes. Nous avons contacté le Ministère djiboutien de la Communication, mais celui-ci n'a pas réagi au moment du bouclage de cet article. 

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