Nigeria : la rotation du pouvoir remise en cause | Afrique | DW | 14.02.2019
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Afrique

Nigeria : la rotation du pouvoir remise en cause

La présidentielle du samedi va se dérouler sur fond de tensions entre le nord musulman et le sud chrétien. Les deux principaux candidats sont l'actuel président Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar, tous deux musulmans.

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"Les élections sont au-delà du partage du pouvoir entre le  nord et le sud" (le sociologue Alade Foluso)

A défaut d’un sondage fiable, certains observateurs estiment que les Yorubas du sud-ouest, en majorité chrétiens, pourraient choisir de voter le sortant, Buhari, pour prendre le pouvoir dans quatre ans, sur la base d’un accord non écrit d’alternance entre musulmans et chrétiens.

La rotation du partage de pouvoir en cause

Muhammadu Buhari, issu du nord du Nigeria, a déjà effectué un mandat. Face à lui, Atiku Abubakar, membre de l'ethnie Fulani.

Selon le politologue Jide Olushola, le système de rotation du partage de pouvoir entre le nord musulman et le sud chrétien pourrait jouer en faveur du président sortant, Muhammadu Buhari, candidat à sa propre succession.

"En ce moment au Nigeria, la politique est un jeu très intéressant. Buhari a déjà effectué son premier mandat de quatre ans et si Atiku est élu, il faudra donc attendre encore huit ans pour revoir les yorubas aux commandes et cela est contraire au principe de l’accord non écrit. De ce fait, le sud-ouest va voter Buhari qui ne peut faire que quatre autres années, et ensuite prendre le pouvoir", estime le politologue Jide Olushola.

La règle non écrite

Afin d’apaiser les conflits entre musulmans du nord et chrétiens du sud, les politiciens nigérians avaient appliqué, jusqu’à l’élection de l’ex-président Goodluck Jonathan en 2011, une règle non écrite reposant sur une alternance entre le nord et le sud à la tête de l’Etat fédéral.

Mais pour le sociologue nigérian Alade Foluso, les mentalités ont changé et les électeurs nigérians peuvent ignorer ce principe de rotation.

"Les élections sont au-delà du partage du pouvoir entre le  nord et le sud. Plusieurs Nigérians sont déçus du présent gouvernement. Bon nombre de Nigérians qui avaient voté pour le changement ne sont pas satisfaits puisque rien n’a changé. Buhari a intérêt à convaincre les Nigérians durant ses derniers jours de campagne électorale. Les calculs sont vraiment drôles en ce moment et comme vous le savez, en politique tout est possible, les yorubas voudront s’aligner derrière Buhari pour prendre le pouvoir dans quatre ans. Aucune hypothèse n’est  à écarter samedi après le scrutin présidentiel. Nous sommes en politique et tous les scenarios sont possibles", a déclaré le sociologue nigérian.

Le Nigeria est doté depuis 1999 d’un régime présidentiel et fédéral calqué sur le modèle américain, un système très peu répandu dans le monde francophone ou il est en général mal compris.

Pour être déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, le candidat doit remporter aux moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 états que compte le Nigeria.

 

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