Nigeria : 60 ans d′indépendance et de corruption | Afrique | DW | 01.10.2020
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Afrique

Nigeria : 60 ans d'indépendance et de corruption

Ce jeudi 1er octobre, le Nigeria célèbre les 60 ans de son indépendance. Ce pays qui est devenu au fil des ans, un géant à l'échelle continentale, est cependant miné par la corruption.

Muhammadu Buhari peine à lutter contre la corruption qui affecte son pays

Muhammadu Buhari peine à lutter contre la corruption qui affecte son pays

Le 1er octobre 1960, la représentante de la reine Elizabeth II, remet au nouveau Premier ministre du Nigeria, Abubakar Tafawa Balewa, la Constitution du pays. Trois ans plus tard, le Nigeria devient une république fédérale, avec à sa tête, son premier président, Nnamdi Azikiwe.

60 ans après, le Nigeria est un "géant" africain aux énormes potentialités mais qui souffre de plusieurs maux qui plombent son développement : insécurité et corruption, ces mots sont des maux qui résument aujourd'hui l'état du pays.

Le Nigeria a traversé une guerre civile brutale dans la première décennie après son indépendance, un conflit qui a causé la mort d’environ un à deux millions de personnes. 

Cet événement tragique a été suivi d'une série de coups d'Etat qui a perturbé le système politique durant une trentaine d'années.  

Il a fallu attendre l'année 1999 et la quatrième République pour que le pays s’installe dans une ère démocratique. Pourtant, lorsqu'on interroge les Nigérians, beaucoup se disent déçus de ne pas voir les bénéfices de cette démocratie. "Soixante ans après, le Nigeria n'a pas vraiment su livrer les promesses de l'indépendance, à savoir le développement économique et les services sociaux pour les populations qui ont tant souffert", estime Ibrahim Jibrin, chercheur au Centre pour le développement et la démocratie basé à Abuja.

La corruption est présente partout au Nigeria, dit l'affiche

La corruption est présente partout au Nigeria, dit l'affiche

La corruption, une gangène 

Première puissance économique d'Afrique, le Nigeria tire l'essentiel de ses revenus de l'exportation du pétrole brut que le pays n'a pas les moyens technologiques de raffiner. Abuja paie encore très cher son addiction au pétrole avec la perte de 80% de ses revenus due à la récession économique. S'y ajoute la corruption. Le chercheur Ibrahim Jibrin décrit les conséquences de cette conjonction de facteurs. "C'est dans ce contexte que les gens ont commencé à poser des questions. Pourquoi une petite minorité a autant d'argent tandis que tous les autres souffrent ? C'est ainsi que les militants du Delta du Niger ont commencé à s'agiter et par la suite, dans le Nord-Est, les forces de Boko Haram se sont constituées et posent depuis onze ans une véritable menace à la sécurité du pays", explique le chercheur.

Écouter l'audio 02:04

Le Nigeria reste confronté à l'insécurité et la corruption

Puissance sous-régionale

Pays de près de 200 millions d'habitants, le Nigeria exerce une influence certaine sur ses voisins, au point d'inquiéter la France qui a sa zone d'influence autour de ce pays. Pourtant, l'espoir placé dans ce géant se dissipe. "On ne le voit pas très clairement assumer cette ambition d'intégration africaine. Régulièrement, des ressortissants de nos pays sont pourchassés et persécutés au Nigeria. On a de la peine à avoir des rapports formels, affirme Maman Sani Adamou, altermondialiste nigérien et spécialiste des questions de sécurité.

Depuis plus d'un an, le Nigeria a décidé unilatéralement de fermer ses frontières avec ses voisins que sont le Niger et le Bénin. Abuja reproche à ces pays leur laxisme face à la contrebande. 

Malgré ses problèmes intérieurs, le Nigeria reste un levier économique dans la sous-région et à l'échelle continentale

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