Niger : la méfiance des civils vis à vis de l′armée | Afrique | DW | 08.09.2020
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Niger : la méfiance des civils vis à vis de l'armée

La justice examine un rapport selon lequel des soldats nigériens seraient responsables de la mort d'au moins 70 civils.

Comme les autres armés de la région, les soldats du Niger peinent à lutter efficacement contre le terrorisme dans la région.

Comme les autres armés de la région, les soldats du Niger peinent à lutter efficacement contre le terrorisme dans la région.

Au Niger, le rapport d’enquête de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) sur des exécutions sommaires de dizaines de civils par les soldats dans la région de Tillabéry (Ouest) a été transmis à la justice. La société civile nigérienne demande des sanctions et demande à l’armée de prévenir les violations du droit humanitaire international.

Selon les enquêteurs, tous les corps trouvés dans les six fosses communes avaient les mains attachées dans le dos, le turban sur le cou avec des impacts de balles.

A lire également : Des exécutions extrajudiciaires commises par les armées du Sahel

Pour Seidik Abba, écrivain et spécialiste du Sahel, ces actes prouvent toutes les difficultés que les armées des pays du Sahel ont à lutter contre les djihadistes :

"Nos armées n’ont pas été formées à lutter contre le terrorisme. Elles ont été formées à faire des guerres conventionnelles, classiques.  Donc il y a un déficit au plan de la formation. Et il y a aussi les revers que ces derniers temps les armées ont subi principalement sur la zone de trois frontières, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, compte tenu des pertes en vies humaines importantes qui ont été infligées, il y a une logique de vengeance."

Des dizaines de civils tués

Seidick Abba rappelle que ce genre de bavures de l'armée a déjà été rapporté au Mali et au Burkina Faso.

Le député Hama Assah, membre de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale, affirme que ces soldats sont formés au respect des droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme :

"Ils connaissent les droits de l’homme et les protègent.  Nous avons actuellement plusieurs détenus dans nos prisons à Difa, à Tillaberi et un peu partout. Ils sont là. Si on ne respectait pas les droits de l’homme, on n'aurait pas fait de prisonniers puisque ça devient encombrant pour nous-mêmes."

Le rapport d’enquête de la CNDH, un organe public, indique que des soldats nigériens seraient responsables d’exécutions sommaires commises à l’encontre de plus de 70 civils.

Ne pas généraliser

Alichina Amadou Koulguéni, secrétaire général de la CNDH, a précisé à la presse que ce n’est pas l’ensemble des corps constitués de l’armée qui se comporte de la sorte, mais quelques éléments isolés.

Écouter l'audio 02:09

Exécutions sommaires au Niger : écoutez le sujet dans sa version audio

Pour la société civile nigérienne, l’armée a l’obligation de prévenir les violations du droit international humanitaire.

Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative espace citoyen, pense que ces tueries risquent d’entacher la collaboration entre civils et militaires dans la lutte contre les djihadistes.

"C’est très mauvais, cela crée un climat de méfiance vis-à-vis de l’armée. Les gens se disent qu’ils peuvent aussi bien être tués par les djihadistes que par les éléments de l’armée régulière. Evidement ça accroît l’angoisse et finalement les gens ne sauront pas à quel saint se vouer."

La région de Tillabery, proche du Mali, est en proie à des attaques djihadistes ayant coûté la vie à des centaines de soldats. Beaucoup ont été revendiquées par le groupe Etat Islamique.