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EconomieNiger

Exportation de bétail : l'interdiction passe mal au Niger

Maimouna Amadou
25 mars 2026

Au Niger, la décision des autorités d'interdire l'exportation de bétail vers les autres pays est diversement appréciée.

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Des moutons au marché
Le Niger possède l'un des cheptels les plus importants d'Afrique de l'OuestImage : Messay Teklu/DW

Au Niger, les autorités ont décidé d'interdire l'exportation de bétail vers les autres pays. Une mesure qui vise, selon le gouvernement, à préserver l'approvisionnement du marché national et à stabiliser les prix. Mais sur les marchés à bétail, cette décision suscite la colère des commerçants, alors que le Niger est un gros exportateur de bétail. 

Une décision pour éviter une pénurie

Le Niger possède l'un des cheptels les plus importants d'Afrique de l'Ouest, exportant traditionnellement vers les pays voisins. Mais depuis quelques années, à Niamey, les animaux se font plus rares sur les différents marchés à bétail, surtout à l'approche de la fête de la Tabaski, une période où la demande est forte.

Cette rareté a entraîné une flambée du prix du kilo de viande sur le marché. Le 3 mars 2026, le ministère du commerce a alors réactivé une ancienne mesure sur l'interdiction de l'exportation du bétail et celui-ci prévoit des mesures de contrôles renforcées pour assurer son application.

L'Association de défense des consommateurs du Niger, par la voix de son président Mamane Nouri, accueille cette mesure de manière positive."Cette mesure, c'est pour éviter, à court terme, que ce qui reste ne quitte pas le pays et qu'on se retrouve dans une situation très difficile. Il faut reconnaître qu'il y a une disparité par rapport à l'offre et à la disponibilité du bétail d'une région a une autre" assure-t-il. Il donne l'exemple des régions de "Tahoua, Maradi, Zinder, et même la région de Diffa, là, il y a une disponibilité". Senon Mamane Nouri "il faut créer les conditions pour que les régions, entre elles, facilitent la circulation du bétail sur le marché."

Ecoutez les explications de Maimouna Amadou

Des vendeurs en colère

Cette même décision suscite toutefois la colère des vendeurs de bétails. C'est ce qu'explique Oumarou Amadou, président régional de l'Association des vendeurs de bétails à Niamey.

Selon lui "l'État peut faire des interdictions, mais il y a les gens des pays voisins de l'AES qui sont venus payer leurs animaux, ici. Ils ne sont pas au courant". Il assure qu'il y a des "Sénégalais qui sont là", et en plus qu'ils ont déjà "pris des commandes".Oumarou Amadou dit avoir " payé des bœufs à Diffa" et avoir "d'autres vaches encore à Tillabéri".

Il explique : " j'ai payé pour faire le regroupement. Actuellement, il y a nos animaux qui se trouvent sur la frontière au niveau de Gaya, et, ce qui est pire, c'est que le douanier nous a fait payer. On lui a versé notre argent, on a commencé à mettre les animaux dans les pirogues. C'est ensuite le même douanier qui est venu arrêter les animaux. On a versé l'argent de 70 têtes et il en a récupéré 16. On dit que les 16 vont être à la disposition des militaires. Mais est-ce que c'est normal ?”

Cette interdiction d'exportation, décidée par les autorités nigériennes, ne va donc pas sans heurts. Pour les éleveurs, le bétail est mobile. Les marchés d'exportation offrent souvent des prix bien supérieurs à ceux pratiqués sur les marchés locaux. La mesure risque donc d'entraîner une baisse des revenus pour les éleveurs.

Maimouna Amadou Correspondante DW à Niamey