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EconomieLibye

Libye : l'industrie pétrolière gangrénée par la contrebande

8 avril 2026

Ces pratiques inquiètent particulièrement les partenaires internationaux, dans un contexte de crise du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient.

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Une raffinerie en Libye
L’ONG The Sentry vient de publier un rapport sur la Libye.Image : MAHMUD TURKIA/AFP/Getty Images

L'Onu alerte sur l'ampleur des réseaux de contrebande de pétrole et de carburant dans l'est libyen. Il évoque l'existence de flux financiers échappant au contrôle de l'État, ainsi que des exportations parallèles estimées à plusieurs centaines de millions de dollars.

Ces pratiques inquiètent particulièrement les partenaires internationaux, dans un contexte de crise du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient.

Même si la Libye ne peut pas remplacer les producteurs de la région, elle peut en revanche atténuer la pénurie et limiter une flambée encore plus marquée des prix. Le pétrole libyen pourrait aussi sécuriser partiellement l'approvisionnement européen.

"Les Européens ont vraiment besoin que la Libye, en tant que pays producteur de pétrole, fonctionne correctement. L'industrie pétrolière libyenne est aujourd'hui beaucoup plus importante qu'il y a quelques semaines. Malheureusement, la corruption risque de provoquer des incidents d'instabilité économique, voire des crises sécuritaires", explique un chercheur de l'ONG The Sentry.

En 2025, la Libye a atteint son plus haut niveau de production depuis dix ans, avec une moyenne de 1,4 million de barils par jour.

Un travailleur dans une raffinerie en Libye
Le pétrole libyen représente environ 1 % de l'offre mondiale : un volume modeste en temps normal, mais crucial dans un marché marqué par une pénurie aiguëImage : Hussein Malla/AP Photo/picture alliance

Une politique ambitieuse entravée par la corruption 

La Compagnie nationale de pétrole libyenne affiche l'ambition d'augmenter encore la production d'ici fin 2026. Un objectif jugé trop optimiste par Claudia Gazzani, experte à l'International Crisis Group.

"L'objectif est de passer d'environ 1,4 à deux millions de barils par jour. Mais il faudra plusieurs années pour y parvenir. Les infrastructures pétrolières ne permettent pas une augmentation soudaine de la production. On ne peut pas, du jour au lendemain, produire deux millions de barils supplémentaires. Le pétrole libyen n'est donc pas la solution miracle", estime-t-elle. 

Au‑delà des limites techniques, c'est surtout la faiblesse de la gouvernance qui empêche le pétrole libyen de jouer un rôle clé face à la crise du carburant, dans un secteur miné par l'instabilité et les trafics.

Nafissa Amadou Journaliste au programme francophone de la Deutsche Welledw_afrique