Mali : une rançon a-t-elle été payée pour libérer les otages ? | Afrique | DW | 09.10.2020
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Afrique

Mali : une rançon a-t-elle été payée pour libérer les otages ?

L'opposant Soumaïla Cissé, la Française Sophie Pétronin, un prêtre et un jeune Italien ont été libérés. Le paiement d'une rançon aurait été un élément déclencheur de cette libération.

Dès leur libération le 08.10.2020, les otages ont été reçus par le président de la transition, Bah N'Daw au palais présidentiel à Bamako

Dès leur libération le 08.10.2020, les otages ont été reçus par le président de la transition, Bah N'Daw au palais présidentiel à Bamako

Après plusieurs jours de rumeurs et de confusion au Mali, l’opposant Soumaïla Cissé, la Française Sophie Pétronin ainsi qu’un prêtre et un jeune Italien ont été libérés (le prêtre Pier Luigi Maccalli était installé depuis onze ans au Niger, avait été enlevé en 2018 à son domicile de Bamoanga dans le sud-ouest du Niger, proche du Burkina Faso alors que Nicola Chiacchio avait disparu dans le nord du Mali en février 2019 alors qu'il voyageait à vélo). 

En début de semaine, près de 200 djihadistes présumés, incarcérés dans des prisons maliennes, ont été remis en liberté en échange de la libération des quatre otages. 

L’opposant Soumaïla Cissé a été enlevé par des hommes armés le 25 mars dans son fief de Tombouctou (Nord)

L’opposant Soumaïla Cissé a été enlevé par des hommes armés le 25 mars dans son fief de Tombouctou (Nord)

Selon Lemine Ould Mohamed Salem, journaliste mauritanien et spécialiste des questions djihadistes, la somme de dix millions d'euros aurait été versée au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Gsim) pour obtenir la libération des quatre otages qu’il détenait. 
Mais ces informations ne sont pas confirmées officiellement du côté malien, français ou italien, même si le paiement de rançons est une pratique courante pour obtenir la libération des otages dans la région.

Les grands gagnants

En dépit du fait que le paiement de la rançon n'a pas été confirmé, beaucoup en concluent que les djihadistes sont les grands gagnants de ces libérations.

Écouter l'audio 11:05

Mahamadou Cissé: "l'homme politique malien doit travailler pour regagner la confiance du peuple"

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans a réussi à obtenir la libération d'au moins 200 de ses combattants. Ils sont de "véritables bombes à retardement", se désole le sociologue Mohamed Amara, auteur de l'essai "Le Mali rêvé"
Ces libérations pourraient faire jurisprudence, ajoute Mahamadou Cissé, le président du Conseil national de la jeunesse malienne de France :

"Cela montre un peu le caractère nébuleux de ces différents groupes terroristes. Très clairement, ils sont en position de force et nous sommes très tristes de le constater. Que ce soit un échange ou que de soient des rançons qui sont payées, forcément, cela va donner envie à d’autres malfaiteurs de procéder de la sorte".

Cette opinion est nuancée par l’avocat Mamadou Ismaïla Konate. Pour lui, l’essentiel est la libération des otages :

"S'agissant de personnes humaines, de vies humaines, il n'y a pas de perdants, il n'y a pas de gagnants. Bien évidemment, un certain nombre de personnes peuvent mettre en cause aujourd'hui les conditions dans lesquelles ces libérations ont été obtenues. Mais la vie de Soumaïla n'a pas de prix. Bien évidemment, aux côtés de la vie de Soumaïla, ce sont toutes les autres vies qui ont été anéanties pour lesquelles nous devons nous battre pour installer un Etat de droit. Mais ce n'est pas le moment aujourd'hui d’être polémique dans un contexte qui n'en a pas besoin. Savourons la liberté et engageons-nous véritablement pour la construction d'un pays qui fera la fierté de l'ensemble des Maliens."

Mamadou Ismaïla Konate a été ministre de la Justice du Mali entre 2016 et 2017 sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, avant de démissionner de ses fonctions.

L'avenir politique de Soumaïla Cissé 

Après sa libération, Soumaïla Cissé, dont le parti l’Union pour la république et la démocratie était la deuxième force politique du pays jusqu'à la dissolution de l'Assemblée nationale le 18 août dernier, va-t-il reprendre ses activités ? 

Écouter l'audio 09:34

Mamadou Ismaïla Konate: "la vie de Soumaïla n'a pas de prix"

"Notre président est là. Et il va s'investir pour que la période transitoire dans laquelle nous sommes se passe très bien. Nous ne sommes pas les seuls sur la scène politique. Nous ne sommes pas les seuls à prétendre à la magistrature suprême. Il faut qu’on resserre les rangs, qu'on travaille dur et qu'on se prépare sérieusement", répond Salikou Sanogo, premier vice-président de l’URD.

Soumaïla Cissé (l'ancien président de la commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, UEMOA et ancien ministre des Finance du Mali) est apparu bien portant jeudi à sa descente d’avion (08.10.20), arborant un large sourire. "Ce qui est un bon signe pour la suite du combat politique", se réjouit Salikou Sanogo.