Mali : le niveau de l′enseignement peine à se relever | Afrique | DW | 24.06.2019
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SERIE EDUCATION

Mali : le niveau de l'enseignement peine à se relever

Le niveau des élèves maliens est en baisse. Un phénomène qui persiste alors que les autorités ont sauvé péniblement l’année scolaire 2018-2019 qui a connu cinq mois de grève des enseignants.

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"Il y a des professeurs qui n’expliquent pas clairement les leçons en classe" - Marietou Djiguiba, élève en classe de terminale au Mali

C'est un constat dont ce serait bien passé les Maliens : le niveau des élèves est en baisse. Et le cinq mois de grève des enseignants de cette année n'ont pas aidé. Des grèves que regrettent d'ailleurs certains éléves. C'est le cas de Kadi Sanogo, élève en classe de terminale Sciences exactes au lycée Ibrahima Ly de Bamako. Elle prend des cours de soutien pour réussir son baccalauréat dont les examens vont se dérouler au mois d'août.

La jeune fille estime que les grèves sont une des raisons de la baisse de niveau des élèves. ‘’Elles paralysent les années scolaires au Mali. Ce sont des grèves qui peuvent durer parfois jusqu’à cinq mois, comme cela a été le cas cette année. Il faut que les élèves aient le courage de faire des exercices ensemble et ainsi améliorer leur niveau", explique l’élève.

Qualité des enseignements

La qualité des enseignants est également critiquée. "Il y a des professeurs qui n’expliquent pas clairement les leçons en classe,’’ confie Marietou Djiguiba, élève en classe de terminale Sciences économiques au lycée Ibrahim Ly. 

Avec l’avènement de la démocratie au Mali en 1992, le régime démocratique a instauré la NEF, la Nouvelle école fondamentale.
Celle-ci, en instaurant un objectif impératif d’alphabétisation, aurait mis en avant la volonté politique sans tenir compte du réel niveau des élèves. C’est du moins ce que pense Lamine Dao, professeur de physique-chimie. ‘’L’objectif était d'augmenter le taux d’alphabétisation au Mali. Mais que les élèves aient ou pas le niveau, ce n’était pas leur problème, car le but principal était d’atteindre les 85% d’alphabétisation", estime-t-il. "Lorsque vous prenez par exemple une classe de première avec 100 élèves, l’année suivante 85 élèves devaient aller en classe supérieure, même si ils n’avaient pas la moyenne,’’ affirme l’enseignant.

Devoirs à la maison

Si les professeurs et les élèves ont beaucoup de choses à dire sur l'enseignement, les parents aussi. Ende Tembiné estime par exemple que l’enseignement ne devrait pas se limiter aux salles de classe. ‘’Il y a des parents d’élèves qui ne veillent pas sur les activités de leurs enfants à la maison. Les devoirs à domicile que les professeurs donnent, ils ne les suivent pas. On ne suit l’enfant que le jour de la proclamation des résultats des examens. Parfois, les directions des écoles dans lesquelles nos enfants sont inscrits passent leur temps à nous convoquer mais nous ne répondons pas à leur appel. Notre part de responsabilité est très grande.’’

Sidi Koumaré, directeur des études du lycée Yeelen, un établissement parapublic situé en périphérie de Bamako, estime ainsi qu'un meilleur contrôle des parents aiderait au maintien de la qualité. ‘’C’est grâce à ces contrôles des parents que l’administration de l’école pourra à son tour exercer une pression morale sur le corps professoral. Ainsi, le corps professoral sera obligé de se ressaisir et de mieux travailler avec les élèves. Car ils sauront que leur rendement est suivi par les parents d’élèves,’’ assure le directeur.

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