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Mali : incertitudes au lendemain d'attaques sans précédent

26 avril 2026

Au lendemain d'attaques coordonnées d'envergure, le flou persiste au Mali. Le pouvoir de transition assure avoir repris le contrôle. Le FLA et le JNIM donnent une version différente.

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Photo d'archives montrant un militaire malien avec des paramilitaires russes du groupe Wagner
L'Union africaine a "fermement" condamné des attaques exposant les civils à des "dangers importants"Image : French Army/AP/picture alliance

Dans une communication faite à la tombée de la nuit, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly en même temps porte-parole du gouvernement a dressé un bilan plutôt léger de la journée de combats. Il a parlé de "16 blessés dont des civils et des militaires pris en charge par les structures médicales" et de "dégâts matériels limités".

"A l'heure actuelle, la situation est totalement sous contrôle dans l'ensemble des localités" concernées par les attaques, assure le porte-parole. Aucune allusion n'a été faite au sujet de rumeurs persistantes sur l'intégrité physique du ministre de la Défense, Sadio Camara dont le domicile a été partiellement endommagé lors de l'assaut du JNIM contre la cité militaire de Kati.

Incertitudes à Kidal

 

Photo d'archives d'un soldat malien portant un fusil Ak-47 lors d'une patrouille entre Gao et Kidal (26.07.2013)
La ville de Kati abrite la résidence du chef de la transition malienne, le général Assimi GoïtaImage : KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images

Le gouvernement malien n'a pas non plus communiqué sur la situation précise à Kidal, bastion des indépendantistes touaregs que Bamako a repris en 2023 avec l'appui de paramilitaires russes du groupe Wagner.

D'après des sources proches des rebelles, ceux-ci auraient repris le contrôle sur une large partie du territoire. Ces sources indiquent aussi que le gouverneur de Kidal, El Hadj Gamou aurait quitté la ville stratégique. Des informations non encore vérifiables de manière indépendante dans le contexte actuel.

Ce dimanche matin (26.04.2026), des sources rebelles indiquent une reprise des combats à Kidal. Ces combats opposent les insurgés touaregs et djihadistes à l'armée appuyée par leurs soutiens russes. 

Des attaques coordonnées 

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM fondé par le djihadiste malien Iyad Ag Ghaly a revendiqué avoir mené des attaques de grande envergure en coordination avec le Front de libération de l'Azawad (FLAT), constitué de mouvements indépendantistes touaregs.

Ces attaques démarrées très tôt ce samedi 25 avril ont notamment ciblé des villes garnisons : Kati, Sévaré, Gao, Bamako et Kidal. 

Couvre feu à Bamako

Photo d'archives montrant à Bamako, des fidèles musulmans en train de se rendre à la moquée (20.07.2021)
Les violences des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique minent le Sahel depuis une décennie et s'étendent dans le nord des pays côtiersImage : Nicolas Remene/AFP

Ce samedi, le gouverneur de la ville de Bamako a instauré un couvre-feu nocture allant de 21 heures à 6 heures locales. La mesure est prévue pour durer 72 heures mais le gouverneur, Abdoulaye Coulibaly prévient qu'elle pourrait être prolongée.

Au niveau international, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné "l'extrémisme violent", parlant des attaques revendiquées par les djihadistes du JNIM et les rebelles touaregs. "Le secrétaire général est profondément préoccupé par les informations faisant état d'attaques en plusieurs endroits au Mali", a déclaré le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, dans un communiqué ce samedi. "Le secrétaire général appelle à un soutien international coordonné pour faire face à la menace évolutive de l'extrémisme violent et du terrorisme au Sahel et pour répondre aux besoins humanitaires urgents", ajoute le communiqué.