Madagascar célèbre ses 60 ans d’indépendance | Afrique | DW | 26.06.2020
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Afrique

Madagascar célèbre ses 60 ans d’indépendance

Il y a 60 ans, le pays accédait à l’indépendance. Cette année, il n’y a pas de liesse populaire à cause de la Covid-19 alors que l’économie est fragile.

Madagascar et la France se disputent la souveraineté sur les Iles éparses (picture-alliance/abaca/P. Gely)

Madagascar et la France se disputent la souveraineté sur les Iles éparses

Madagascar célèbre vendredi (26.06.20) la célébration de son indépendance. Mais en situation d’état d’urgence sanitaire la célébration revêt une tout autre allure pour marquer ces 60 ans.

Ni lampions, ni feux d’artifices, parade militaire réduite et à suivre à la télévision. La pandémie de coronavirus empêche la liesse populaire habituelle en période de fête.

Le cœur n’y est pas. Même la vente des drapeaux et des harendrina ou lampions n’est pas florissante.

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Les activités au ralenti

Jean Pierre, un marchand qui chaque année opère dans la vente des drapeaux, se dit désolé :

"J’ai commencé à vendre des drapeaux le 15 mai. Il n’y a pas beaucoup de clients depuis, c’est très difficile de vendre les drapeaux cette année, sûrement à cause des mesures de confinement. L’année dernière on a pu vendre 300 drapeaux mais cette année ça diminue. Cette année, c’est plus difficile à cause du coronavirus."

Écouter l'audio 02:13

Ecouter le sujet de Priscat RAKOTOMALALA, notre correspondante à Antananarivo

Selon Saholy, un autre marchand, « il y a beaucoup de gens qui ont gardé leurs drapeaux de l’année dernière, donc notre clientèle a diminué. Je connais beaucoup de gens qui viennent juste pour acheter les modèles et ils cousent chez eux et ici je perds mon temps ».

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Gustave lui aussi est désemparé, les harendrina, des lampions colorés, ne se vendent presque pas :

"L’année dernière, la vente a été de 2.000 ou 3.000 pièces mais aujourd’hui on n’a vendu que 65 pièces. Avant les gens achetaient des harendrina pour les jouets du 26 juin et ils les distribuaient aux enfants. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui."

En effet, les préoccupations de la population sont toutes autres. Comment subvenir aujourd’hui à ses besoins ? Les moyens sont limités et la pandémie de coronavirus bloque les activités de la capitale. Le confinement a mis au point mort le commerce et ruiné les années d’efforts des acteurs économiques.

Écouter l'audio 00:50

"L’indépendance de Madagascar n’est pas une réussite" (Constantin Grund de la Friedrich Ebert Stiftung)

L’aide publique jugée insuffisante

La relance économique  à travers l’aide de l’Etat a été le sujet de rencontre entre le président Andry Rajoelina et le patronat des grandes entreprises et des  responsables de PME et PMI. L’Etat a révélé les grandes lignes du plan multisectoriel d’urgence, à savoir les mesures fiscales pour venir en aide aux entreprises. Auxquelles s’ajoutent des aides financières sous forme de prêts.

Mais pour cette entrepreneure, cette aide publique est insuffisante :

"On a proposé une sorte d’aide aux entreprises, avec des emprunts bancaires proposés par l’Etat à taux assez bas. Mais une fois le dossier remis à la banque, on nous propose un taux plus élevé qui n’était pas convenu lors de notre rencontre. Si on veut vraiment parler de relance économique, il faut aider toutes les entreprises sans exception."

Néanmoins, les petites et moyennes entreprises bénéficient d’un crédit dénommé Miarina, un crédit de trésorerie amortissable de 24 mois  avec un taux d’intérêt bonifié.

Par ailleurs, l’Etat à travers le programme national Fihariana  accorde une enveloppe de 50 milliards d’Ariarys, soit environ 12 millions de dollars, qui sera mise  à la disposition des entreprises en difficultés. En contrepartie, ces entreprises sont tenues de conserver l’ensemble de leurs employés.

La pandémie demeure une préoccupation majeure de l’Etat mais  les efforts se concentrent aussi sur l’après Covid-19 avec comme défi une relance économique plus forte en misant sur l’industrialisation.