L′UA passive face au drame des migrants | Afrique | DW | 04.07.2019
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Afrique

L'UA passive face au drame des migrants

L’UA a timidement condamné le raid meurtrier contre un centre de détention de migrants en Libye. De son côté, Bruxelles, ne remet pas en cause sa coopération avec Tripoli pour la formation des garde-côtes libyens.

Écouter l'audio 03:29

"Les États de l’UE sont tous hypocrites" (Charles Saint-Prot)

Le président de la Commission de l’Union africaine a condamné ce raid aérien. Moussa Faki Mahamat a aussi réclamé "une enquête indépendante pour s’assurer que "les responsables du meurtre horrible de ces civils rendent des comptes".

Entre 2017 et 2018, l’Union africaine avait recensé les migrants en situation de détresse et avait participé au rapatriement d’urgence de près de 13.000 d’entre eux dans leur pays respectifs.

Äthiopien Addis Abeba Moussa Faki (picture-alliance/AA/M. W. Hailu)

Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine.

Ces mesures ont souvent été jugées insuffisantes au regard de l'ampleur du drame de la migration.

L’UE essuie aussi des critiques

L’Union européenne finance des programmes de rapatriement et de relocalisation des migrants dans les pays voisins de la Libye comme le Niger. Mais ce n’est pas assez, déplore Charles Saint-Prot, directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques à Paris. Celui-ci évoque une hypocrisie diplomatique : 

"L'Union européenne, quand elle prend une décision, c'est toujours sur la base du plus petit dénominateur commun. Les États sont tous hypocrites dans ce domaine. C’est vrai que tout le monde déplore ce drame qui s'est passé mais personne n'essaie d'apporter des solutions concrètes à la situation de ces malheureux migrants et ça impliquerait de mener une nouvelle politique de développement au profit des pays de forte immigration"

Dans un communiqué, le Service d'action extérieure de l'Union européenne rappelle toutefois qu'à ce jour, 45.000 migrants ont pu être évacués de Libye et du Niger pour être reconduits dans leur pays grâce à une coopération avec l'Organisation internationale pour les migrations et le Haut-commissariat pour les réfugiés.

Mais Bruxelles ne remet nullement en cause sa coopération avec la Libye - notamment la formation des garde-côtes libyens -, afin que ceux-ci interceptent les bateaux de migrants en mer et les conduisent dans des centres de détention du même type que celui où ont péri 44 personnes à la suite d’un bombardement attribué aux forces du maréchal Khaftar.

Le calvaire des migrants 

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ, 300 migrants sont toujours retenus dans le centre de détention qui a été la cible du bombardement aérien. Ils continuent de bénéficier d'une assistance humanitaire.

L'OIM a aussi précisé que ses équipes avaient "localisé" dans les quartiers environnants, un groupe de migrants blessés qui avaient quitté Tajoura après l'attaque de mardi.

"Les souffrances des migrants en Libye sont devenues intolérables. Il doit être clair pour tous que la Libye n'est pas un endroit sûr et que des milliers de vies sont toujours en danger", a indiqué Othman Belbeisi, chef de mission de l'OIM en Libye.

L'ONU s'inquiète du sort de milliers de migrants et réfugiés "en danger dans des centres de détention situés près de zones de combats".  Selon les Nations unies, la Libye compte 5.700 réfugiés et migrants, dont 3.300 sont en position de vulnérabilité en Libye.

Dans son communiqué, le ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha a affirmé que le gouvernement d'union nationale envisageait "la fermeture des centres d'hébergement et la libération des migrants clandestins pour préserver leur vie et leur sécurité".

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