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L'Assemblée générale de l'ONU le 2 février 2022.
L'Assemblée générale de l'ONU le 2 février 2022.Image : Timothy A. Clary/AFP

L'Onu condamne l'invasion de l'Ukraine

Eric Topona
3 mars 2022

L'Assemblée générale a adopté à une écrasante majorité une résolution qui "exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine".

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Sur les 193 membres de l’ONU, 141 pays ont en effet approuvé la résolution intitulée "Agression contre l’Ukraine", cinq s’y sont opposés. Il s’agit de la Russie, la Biélorussie, la Corée du Nord, l’Erythrée et la Syrie. 

35 pays se sont abstenus, dont la Chine. En Afrique, des pays comme l’Algérie, le Burundi, la République Centrafricaine, le Mali, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Soudan et l’Angola ont aussi choisi l’abstention. Tandis que la Guinée, le Burkina Faso, le Togo, le Cameroun et le Maroc ont décidé de ne pas participer au vote.

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Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra
Le président centrafricain, Faustin-Archange TouadéraImage : Andr.B/Xinhua News Agency/picture alliance

En décidant de s’abstenir, les douze pays africains ont choisi de soutenir l’envahisseur russe, selon le Congolais Andréa Ngombet, fondateur du Collectif Sassoufit et leader du parti d’opposition Incarner l’espoir.

"C'est une position d'appui à la Russie, tout en cherchant à ménager les subsides qu'on tire de la coopération avec les autres puissances. Donc, en s'abstenant, l'Afrique fait le choix de l'invasion de l'Ukraine. Quand on voit par exemple un pays comme l'Erythrée ou le Congo-Brazzaville, d'où je viens, les pays où les présidents se maintiennent dans des durées indéfinies se sont majoritairement abstenus. Donc, on voit très bien qu'il y a comme un lien entre les dictatures locales et le soutien à la dictature Russe", affirme Andréa Ngombet à la DW.

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Prudence et précaution

Charles-Armel Doubane, ancien ministre centrafricain des Affaires étrangères, dit comprendre la position de ces pays abstentionnistes.

"Le non-alignement, qui pendant très longtemps a été la ligne de conduite du continent africain, est revenu et aujourd'hui, la prudence, la précaution ou encore les intérêts des Etats priment. Je ne suis pas sûr qu'un seul des Etats, aujourd'hui, serait dans une posture belliciste. Ce qui arrive à l'Ukraine peut arriver à n'importe quel pays."

Des immeubles bombardés par l'armée Russe, à Borodianka, près de Kiev
Des immeubles bombardés par l'armée Russe, à Borodianka, près de KievImage : Maksim Levin/REUTERS

Des arguments que partage également l’écrivain et intellectuel guinéen Tierno Monénembo :

"Dans ce genre de situation, la position des petits pays est toujours embarrassante. C'est difficile de prendre position. Quand on est petit, quand on est faible, quand on est mal armé et sous développé, on ne se mêle pas comme ça des affaires des grands. Il y a un proverbe peul qui dit : le poulet n'a pas à discuter du prix d'un couteau. Quel que soit l'acheteur, c'est lui qui sera égorgé."

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Porté par l’Union européenne en collaboration avec l’Ukraine, la résolution  "déplore dans les termes les plus vifs l’agression de la Russie contre l’Ukraine"  et affirme  "son attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale" de l’Ukraine.
La résolution appelle aussi à accorder à l’aide humanitaire un accès sans entrave et déplore l’implication de la Biélorussie, l’allié de la Russie, dans l’attaque de l’Ukraine.

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