Libye, les deux camps rivaux trouvent un consensus | Afrique | DW | 08.10.2020
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Afrique

Libye, les deux camps rivaux trouvent un consensus

Les frères-ennemis sont tombés d’accord sur des "accords globaux" en vue de la réunification des institutions de leur pays.

Ces discussions s'inscrivent dans le cadre des différentes médiations menées par l'ONU pour relancer le processus de règlement politique en Libye.

Ces discussions s'inscrivent dans le cadre des différentes médiations menées par l'ONU pour relancer le processus de règlement politique en Libye.

Les pourparlers inter-libyens à Bouznika, près de Casablanca au Maroc, se sont terminés ce mercredi 7 octobre. Sous la médiation de l’Onu, les deux camps rivaux ont fait beaucoup de concessions. Ainsi, Aguila Saleh, le président du "Parlement de Tobrouk", dans l’est du pays, a annoncé officiellement que la capitale provisoire de la Libye sera Syrte pour ne pas choisir entre Tripoli et Benghazi, où résident les deux principaux acteurs de ce conflit : Fayez el-Sarraj, le premier ministre reconnu par la communauté internationale,  et le maréchal Khalifa Haftar.

Autre compromis : des négociations sécuritaires vont bientôt commencer afin d’aboutir à la dissolution des différentes milices de Misrata, située à 200 kilomètres à l'est de Tripoli, et au rapatriement des mercenaires recrutés par les deux camps.

Avant la chute de Khadafi, la Libye produisait environ deux millions de barils par jour.

Avant la chute de Khadafi, la Libye produisait environ deux millions de barils par jour.

Le pétrole au cœur des négociations

Michel Scarbonchi, ex-eurodéputé français et proche du maréchal Khalifa Haftar explique que "les deux parties se sont mises d'accord pour mettre en place un comité indépendant chargé de gérer la manne pétrolièreet de faire une répartition juste entre les trois régions : la Tripolitaine (au Nord-Ouest), la Cyrénaïque (au Nord-Est), et le « Fezzan (Ghadamès au Sud-Ouest)."

Michel Scarbonchi ajoute que "l'argent ne passera plus sous le contrôle de l'Onu et de la Banque centrale libyenne qui est à Tripoli et qui était dirigé par un Frère musulman."

Les compromis trouvés au Maroc doivent être soumis au Parlement de Tobrouk et au Haut Conseil d'Etat. Cependant, la priorité "des diplomates, des Marocains ou des Allemands ou le personnel de l'Onu, c'est surtout l'annonce d'une nouvelle structure de gouvernement", affirme Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye à l’Institut néerlandais des relations internationales Clingendael, à La Haye.

Pour lui, "le cessez-le-feu, on n’en a pas tellement besoin. Parce qu’il n'y a pas d'échanges de coups de feu. Il n'y a pas de violence en ce moment depuis l'écrasement de l'offensive de Haftar début juin aux portes de Tripoli. Ça va permettre effectivement de rassurer certains acteurs libyens sur le fait qu'il va y avoir une nouvelle structure pour travailler ensemble et vivre ensemble. Une espèce de modus vivendi."

Écouter l'audio 02:09

"Dialogue libyen", consensus au terme du deuxième round : écoutez l'audio

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Genève va abriter mi-octobre de nouvelles négociations pour entériner les recommandations prises au Maroc. Il s’agira, ajoute Jalel Harchaoui de confirmer la création d’un nouveau conseil présidentiel, un gouvernement d’union nationale avec un nouveau Premier ministre consensuel et la constitution d’une armée véritablement nationale.

Cela pourrait aussi être le début d’un processus démocratique avec à la clé, l’adoption d’une nouvelle Constitution permettant de créer le poste de chef de l’Etat qui n’existe pas en Libye.

Sans oublier l’adoption d’un code électoral et d’une commission électorale, afin d’organiser d’ici 18 mois des élections présidentielles et législatives incontestables.

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