Les marches pacifiques interdites au Mali | Afrique | DW | 12.12.2018
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Afrique

Les marches pacifiques interdites au Mali

Le gouvernorat du district de Bamako a interdit deux grands rassemblements qui devaient se tenir dans la capitale malienne dont la marche de l’opposition qui proteste contre la prorogation du mandat des députés.

"C'est par souci d’éviter la violence et de préserver la sécurité des marcheurs que nos organisations ont décidé de reporter à une date ultérieure notre marche contre l’impunité au Mali", précise le communiqué conjoint de 51 organisations de défense des droits humains et association des victimes.

Il y a deux jours, les responsables de la police ont en effet sommé les initiateurs de la marche de ne pas se rassembler à leur lieu de convergence, au motif "qu’elle aurait reçu l’ordre d’empêcher toute manifestation à Bamako".

"Il s’agit d’un recul de la démocratie malienne. C’est-à-dire les droits fondamentaux et les libertés fondamentales pour lesquels le peuple Malien s’était levé pour réclamer l’exercice démocratique en mars 1991 (date de la révolution qui a mis fin au régime dictatorial du General Traoré ndlr) sont en train d’être bafoués", explique maître Moctar Mariko, Président de l’AMDH (l’Association Malienne des Droits de l’Homme ndlr).

L’arrêté du gouverneur interdisant les manifestations publiques à Bamako fait l’objet de vives contestations dans la société civile et dans la classe politique malienne. Au sein de l’association Faso Kanu, une jeune formation politique du pays, on digère mal cette décision. 

L'organisation appelle ses militants "à se mobiliser comme un seul homme et exiger le respect du droit constitutionnel en République du Mali qui est aujourd’hui violé par un régime illégitime, impopulaire qui n’arrête pas de creuser sa tombe par ses propres dents’’, a réagi Ibrahima Kebé, membre de l'association.

De leur côté, des organisations de défense des droits humains et l'association des victimes, on se prépare déjà à user de toutes les voies de recours pour attaquer l’arrêté du gouverneur du district de Bamako interdisant les marches.

‘’Nous avons un arrêté illégal en ce sens qu’il est contraire à la constitution en République du Mali qui permet les libertés d’association, de réunion et d’expression. Donc nous avons des procédures appropriées en la matière. Nous pouvons d’abord faire des procédures au Mali pour essayer de retirer cet arrêté illégal du gouverneur. Ensuite nous avons aussi des systèmes régionaux et internationaux qui vont nous permettre d’agir et de faire taire ces différents textes", estime maître Moctar Mariko, président de l’AMDH (l’Association Malienne des Droits de l’Homme).

Les principaux responsables de l’opposition malienne se sont également réunis à Bamako - malgré l’interdiction et la répression de leur marche du weekend écoulé. Ils prévoient une nouvelle grande marche pacifique le 16 décembre à Bamako en réponse à l’arrêté du gouverneur.