Les médias camerounais surveillés de près par le CNC | Afrique | DW | 15.03.2018
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Afrique

Les médias camerounais surveillés de près par le CNC

Le Conseil national de la communication du Cameroun (CNC/NCC) en alerte. Il met en garde les médias qui de par leurs productions suscitent des troubles en cette période électorale et de crise en territoire anglophone.

Écouter l'audio 02:21

Jean Tobie Hond : "Il est possible que le Conseil prenne les mesures prévues notamment la suspension"

Le Cameroun traverse une période électorale avec les élections sénatoriales et les émissions diffusées sur les médias font l'objet d'un contrôle plus étroit que d'habitude.

Il y a une semaine, le président du Conseil national de la communication (CNC) a demandé aux médias d'éviter de diffuser les contenus qui à ses yeux manquent de neutralité. À la suite de cette déclaration, les médias publics ont arrêté la diffusion des débats politiques. Mais ce n'est pas la même chose du côté de la presse privée.

Nouvelle atteinte à la liberté d'expression

Sur la station de radio privée Magic FM, très écoutée dans la capitale camerounaise Yaounde, l'émission "Magic Attitude" passe comme d'habitude, même si l'épée de Damoclès du Conseil national de la communication (CNC) plane au-dessus.

A Galaxy FM et Sweet FM, stations partenaires de la Deutsche Welle, la diffusion des contenus sur la vie politique camerounaise continue, comme le confirme Abel Fotso, le directeur de radio Sweet FM, qui affirme continuer à diffuser "les informations concernant les élections et la situation dans les deux régions anglophones du Cameroun, sans problème."

Sur fond de crise sécessionniste dans les territoires anglophones, les électeurs camerounais sont attendus aux urnes la semaine prochaine pour des élections sénatoriales dont certains contestent l'opportunité.

C'est dans ce contexte que le président du Conseil national de la communication a demandé aux médias de cesser de diffuser les émissions de nature à susciter des troubles politiques. Selon Samson Websi, rédacteur en chef de la radio publique camerounaise, la décision est respectée.

La plupart des émissions étant "à caractère politique", la radio publique a "arrêté certaines d'entre elles en vue de [se] conformer aux instructions du Conseil national de la communication."

Pourtant, la radio nationale continue de couvrir la campagne électorale.

Finalement, plus de peur que de mal. Les stations privées ne sont pas obligées de respecter la décision du CNC à la lettre mais elles sont appelées à observer la neutralité dans leurs programmes sous peine de subir des sanctions.

ELECAM Cameroun (DW)

Le contexte pré-électoral augmente les tensions

Menace de suspension

Jean Tobie Hond, Secrétaire général du CNC, attire l'attention des médias "sur la nécessité de refaire des équilibres afin que la campagne se déroule de la manière la plus démocratique possible.

Si un média n'entend pas raison, il est possible que le conseil prenne les mesures qui sont prévues par le decret du 23 janvier 2012, notamment la suspension d'un tel organe de presse."

Le président du CNC Peter Essoka explique que la mesure serait en vigueur à chaque élection et donc pas seulement pour les sénatoriales actuelles.

Le Cameroun compte une centaine de radios et de télévisions et plus de cinq cents organes de presse écrite. Cette pluralité médiatique n'est toutefois pas forcément une preuve de liberté d'expression, déplorent certains professionnels du secteur.

 

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