Le Mali n′en est pas à son premier coup d′Etat | Afrique | DW | 24.08.2020
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Afrique

Le Mali n'en est pas à son premier coup d'Etat

En 60 années d’existence en tant qu’Etat souverain, le Mali a déjà connu quatre coups d’Etat. Retrospective.

Au Mali : le président Ibrahim Boubacar Keita renonce à être rétabli dans ses fonctions comme le souhaitait la Cédéao.

Une délégation a négocié ce lundi [24.08.]à Bamako avec les militaires. Les négociateurs n'ont pas réussi à s'accorder sur un retour du pouvoir aux civils.

Les putschistes qui ont pris le pouvoir au Mali le 18 août dernier, ne sont pas les premiers à organiser un coup d'Etat dans le pays depuis1960.

Le Mali a déjà connu quatre coups d’Etat. De Modibo Keïta, père de l’indépendance, à Ibrahim Boubacar Keïta, le dernier président démocratiquement élu, dont le pouvoir a été renversé par les militaires il y a une semaine, seul Alpha Oumar Konaré, le premier président de l’ère démocratique malienne a fait ses deux mandats successifs (10ans) sans être emporté par un putsch militaire.

Alors que le Comité national pour le salut du peuple s'apprête probablement à prendre les rênes de la transition politique, les souvenirs des régimes militaires reviennent à beaucoup de Maliens.

Ibrahim Boubacar Keita

Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), renversé le 18 août 2020

Modibo Keïta renversé

Le 19 novembre 1968 le régime de Modibo Keita, père de l’indépendance malienne était renversé par des soldats subalternes.  

Le premier coup d’Etat de l’histoire du Mali indépendant s'opérait ainsi sous le regard médusé des officiers supérieurs qui ont presque assisté en spectateurs à ce changement de régime. Le pays connaîtra trois autres coups d’Etat en 29 ans. Issiaka Keita, enseignant, y voit la main de l’extérieur. 

"Le renversement du régime d’IBK est dû à sa mauvaise gestion. Le cas Amadou Toumani Touré alias ATT aussi (président malien entre juin 2002 et mars 2012), c’est autre chose. Sous Moussa Traoré (président de la République du Mali entre 1968 et 1991), le pays était bien géré d’une certaine manière, mais tout dépend de la France aussi. Elle pousse les gens à faire les coups d’Etat".
 
Oumar Tandina, fonctionnaire de l’Etat, estime de son côté que dans certaines situations, le coup d’Etat est une nécessité :

"En ce qui concerne le cas IBK, tout le monde sait que ça ne va pas dans le pays. Le faire partir par un coup d’Etat était nécessaire, il fallait vraiment ça. Sinon ça ne va pas. L’école ça ne va pas, le nord ça ne va pas, le centre ça ne va pas, le sud aussi ça ne va pas. Donc il fallait vraiment un changement de régime pour repartir sur de nouvelles bases".

Amadou Sanogo

Amadou Sanogo avait conduit le putsch du 9 avril 2012

Les mardis de putsch

Sur les quatre coups d’Etat qu’a connu le Mali depuis 1960 (date de l’indépendance), trois ont été opéré un mardi:

- le 19 novembre 1968, (coup d’Etat de Moussa Traoré contre Modibo Keita),

- le 26 mars 1991 (Amadou Toumani Touré alias ATT renverse Moussa Traoré)

- le 18 août 2020 (Hassimi Goita met fin au régime d’IBK).

Pour Diakaridia Issa Goita, magistrat, les putschistes du CNSP (Comité National pour le Salut du Peuple) doivent opter pour une transition politique d’une courte durée. 

"La junte qui est déjà là-bas que les gens connaissent déjà, elle peut continuer à diriger la transition, mais dans un délai relativement court. Moi je préconise entre 1an et 2ans (12 mois à 24 mois) maximum. Mais je ne vois pas d’inconvénients à ce que la junte qui est sur place continue à gérer les affaires courantes en associant bien sur les civils". 

Le 22 mars 2012, lorsque le capitaine Amadou Haya Sanogo mettait fin au règne d’ATT, il restait moins de 3 (trois) mois à celui-ci, pour finir son deuxième mandat. 

 

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