Le Burundi accusé de sous-estimer les risques du coronavirus | Afrique | DW | 15.05.2020
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages
Publicité

Afrique

Le Burundi accusé de sous-estimer les risques du coronavirus

Le Burundi n'a toujours donné aucune explication sur l'expulsion de représentants de l'OMS qui regrette cette décision prise en pleine pandémie. L’expulsion de ces quatre experts demeure incomprise.

Écouter l'audio 01:18

"Il existe une sorte de patriotisme à la burundaise à refuser toute forme d’ingérence dans les affaires du pays" (Onesphore Sematumba)

Le représentant de l’organisation mondiale de la santé (OMS) et ses trois collègues doivent quitter le pays ce au plus tard ce vendredi (14.05.20), selon la note verbale du ministère burundais des Affaires étrangères.

Assurant à l’OMS sa haute considération, le ministère burundais des Affaires étrangères n’a pourtant donné aucune explication sur ce départ des experts de l’OMS.

Soutien continu de l’OMS

Dans l’un de ses tweet, le désormais ex-représentant de l’OMS au Burundi, Walter Kazadi Mulombo, écrivait le 14 avril qu’ils allaient "surmonter le virus", ajoutant qu’il était "fier de faire partie de l’équipe".

L’expulsion des quatre experts demeure incomprise. La mission de l’OMS au Burundi ne souffrait d’aucun problème, a déclaré à la Deutsche Welle le premier vice-président burundais Gaston Sindimwo :  

"Jusqu’à présent, à mon avis, c’était correct. De mon point de vue, je n’ai pas vu d’inquiétudes là-dessus. Jusqu’à présent, il n’y avait pas d’inconvénients avec l’OMS."

La directrice Afrique de l'OMS ne comprend pas l'expulsion des quatre experts

La directrice Afrique de l'OMS ne comprend pas l'expulsion des quatre experts

L’expulsion des experts onusiens survient alors que les relations entre l’OMS et les autorités burundaises sont tendues en pleine pandémie de coronavirus. Le porte-parole du gouvernement burundais, Prosper Ntahorwamiye a indiqué à la Deutsche Welle ne pas avoir de commentaires à faire.

Selon les derniers chiffres, le pays a enregistré 27 cas positifs. La directrice générale Afrique de l’organisation mondiale de la santé, Matshidiso Moeti, a déclaré que l’OMS soutiendra toujours le Burundi dans sa réponse à la pandémie.

"Nous échangeons avec le gouvernement burundais pour clarifier et comprendre cette décision. Nous travaillons avec le système des Nations unies dans le pays pour organiser le départ de notre équipe",  a-t-elle cependant affirmé au cours d’une conférence de presse ce jeudi (14.05.20).

La politique de l’autruche

La commission d’enquête de l’Onu sur le Burundi "regrette profondément" cette décision. Dans un tweet, l’ambassade d’Allemagne au Burundi écrit que "plus que jamais les conseils et le soutien de l’OMS sont indispensables dans la lutte contre la Covid-19 dans le monde entier".

John Nkengasong, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine, a déploré que "nous ne pouvons nous permettre de mettre dehors l'OMS, un solide partenaire technique". Il a ajouté que la situation du virus est grave dans le pays "et les autorités ferment les yeux".

Pacifique Nininahazwe, président du forum pour la conscience et le développement (Focode), redoute une mauvaise gestion de la pandémie de la part du Burundi : 

"Ils pourraient continuer à nier la gravité de cette pandémie. Ou d’un autre côté, les autorités burundaises pourraient exagérer les chiffres et utiliser la pandémie dans la répression de probables protestations qui pourraient survenir après la proclamation des résultats des élections."

Réfractaire à la critique

Selon l’agence de presse AFP qui cite des sources médicales, des personnes présentant des symptômes de la Covid-19 n’ont ainsi pas été testées.

Il est difficile de dire comment les experts de l’OMS vont quitter le Burundi, les frontières terrestres et aériennes étant fermées.

Ce n’est pas la première fois que le Burundi se débarrasse de représentants onusiens. La dernière expulsion remonte à mars 2019. En 2010, une représentante de Human rights Watch a été elle aussi sommée de quitter le pays.

Onesphore Sematumba, de l’International Crisis group (ICG), estime qu’il existe "une sorte de patriotisme à la burundaise à refuser toute forme d’ingérence dans les affaires du pays."

Les observateurs internationaux ont par ailleurs été jugés indésirables pour les élections générales de mercredi (20.05.20).