L′après Idriss Déby pour le Tchad, la France et le Sahel | Afrique | DW | 22.04.2021
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Afrique

L'après Idriss Déby pour le Tchad, la France et le Sahel

Le décès du président Idriss Déby Itno qui sera inhumé ce vendredi crée des incertitudes. Des Tchadiens considèrent que la France aura un rôle important.

Idriss Déby Itno et Emmanuel Macron au palais de l'Elysée en mai 2018

La mort du président Idriss Déby Itno a été annoncée le mardi 20 avril 2021

Au-delà du Tchad, la disparition du président Idriss Déby ouvre une période d'incertitudes pour la région du Sahel. En février, le Tchad a pris la présidence tournante du G5 Sahel, un groupe dans lequel l'armée tchadienne exerce une influence importante.

Selon des informations parvenues à la DW, les nouvelles autorités auraient décidé de rappeler les troupes positionnées dans la région dite des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger). Contactée, la mission de l'Onu au Mali (Minusma) n'a pas confirmé. Mais des mouvements de troupes tchadiennes vers le Niger sont signalés.

Des visiteurs indésirables aux frontières

Le président Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel lors d'une conférence de presse à Pau en France (13.01.2020)

Les chefs d'Etat du G5 Sahel sont présents aux obsèques du président Idriss Déby

Selon l'ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, Ahmedou Ould Abdallah, également directeur du Centre de stratégie et de sécurité pour le Sahel et le Sahara, "il y a des mouvements islamistes à la frontière entre la Libye et le Tchad, entre le Tchad et le Soudan, la Centrafrique et d'autres pays comme le Cameroun. Donc ils vont pousser, pas pour prendre le pouvoir mais pour faire diversion pour affaiblir le front sur le Sahel". 

Lire aussi : Tchad : la plus grande centrale syndicale contre la transition militaire

Réagissant aux informations faisant état d'un présumé rappel des troupes tchadiennes, l'expert de la sécurité n'exclut pas cette hypothèse. Ahmedou Ould Abdallah dit penser que "le contingent tchadien reviendra vraisemblablement vers le Tchad en tout ou partie, parce que l'adversaire (l'Etat islamique et Aqmi) qu'il combat dans la région des trois frontières va attaquer le Tchad pour faire diversion et empêcher une présence continue des troupes tchadiennes dans le Sahel et les obliger à retirer ou diminuer leur contingent". Il recommande de ne pas sous-estimer cette "dimension dangereuse" de la disparition du président Idriss Déby.

Devoir de loyauté entre Idriss Déby et la France

Écouter l'audio 07:18

Ahmedou Ould Abdallah "On ne peut pas condamner la France pour ingérence et lui demander de s'ingérer"

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron est arrivé jeudi soir (22.04.2021) au Tchad où il assiste ce vendredi aux funérailles d'Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles, selon l'armée qui a pris le pouvoir à N'Djamena.

Son avion a atterri sur la piste de la base militaire Adji Kosseï de N'Djamena, qui abrite le QG de Barkhane, la force française antijihadiste au Sahel, dont l'état-major est basé dans la capitale tchadienne. Le maréchal Déby, qui dirigeait le Tchad d'une main de fer depuis 30 ans était un partenaire-clé des Occidentaux, la France notamment, dans la lutte contre les djihadistes au Sahel.

L'ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah se dit "très content que le président français Emmanuel Macron puisse assister aux funérailles de Déby pour montrer le respect et la loyauté pour un allié de longue date, quel que soit ce que les Tchadiens ou d'autres peuvent reprocher à Déby"

Alors que certains opposants tchadiens condamnent ce qu'ils appellent un "coup d'Etat", la France s'est abstenue de prendre la même position qu'elle a eue vis-à-vis des auteurs du coup d'Etat au Mali en août 2020. 

"On ne peut pas condamner la France pour l'ingérence et ensuite lui demander de s'ingérer", conclut le fondateur du Centre de stratégie et de sécurité pour le Sahel et le Sahara et ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, Ahmedou Ould Abdallah dans une interview accordée à la DW.