Plus de cinq mille décès dus à la chaleur en Allemagne
9 juillet 2026
Entre le 22 et le 28 juin, près de 22 000 personnes sont décédées en Allemagne, a annoncé jeudi l'Institut Robert Koch (RKI). Sans la canicule, environ 17 500 décès auraient été statistiquement prévisibles. Si l'on ajoute à ce chiffre un pic moins important survenu lors d'une vague de chaleur en mai, ce sont plus de 5 100 personnes qui sont décédées des suites de la canicule en Allemagne au cours du premier semestre, a précisé le RKI. A titre de comparaison : au cours de l'année 2018, qui a été globalement très chaude, on a dénombré un peu plus de 8 000 décès liés à la chaleur.
Selon le RKI, la chaleur n'est que rarement la seule cause du décès, comme c'est le cas lors d'un coup de chaleur. Dans la plupart des cas, c'est une combinaison de chaleur et de pathologies préexistantes qui entraîne le décès. C'est pourquoi la chaleur n'est généralement pas mentionnée comme cause sur les certificats de décès ; l'ampleur des décès liés à la chaleur ne peut donc être mise en évidence qu'à l'aide de méthodes statistiques.
Les personnes âgées sont les premières victimes
Selon les chiffres du RKI, la surmortalité touche principalement les personnes âgées. A partir de 75 ans, la mortalité liée à la chaleur augmente fortement. La majorité des décès – environ 4 270 – concernaient des personnes âgées de
75 ans et plus, a indiqué le RKI dans un rapport hebdomadaire. Les femmes ont été plus nombreuses que
les hommes à décéder, principalement parce qu’elles représentent une part plus importante de la population très
âgée. Toutefois, on a également dénombré environ 300 décès liés à la canicule chez les personnes âgées de moins de 65 ans. La marge d'erreur de cette estimation était toutefois très importante : le nombre de décès liés à la canicule chez les moins de 65 ans au cours de ce semestre pourrait en effet être inférieur à 100 ou supérieur à 500.
Au cours du week-end de canicule des 27 et 28 juin, 120 personnes sont décédées rien que dans la ville de Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne – soit quatre fois plus que d'habitude –, a déclaré Katharina Droege, présidente du parti des Verts allemands, lors d'un débat parlementaire.
Katharina Droege a reproché au chancelier Friedrich Merz de ne pas encore s'être exprimé sur la vague de chaleur, malgré le bilan humain qui s'alourdit et les efforts déployés par les services de secours. Elle a accusé son gouvernement d'édulcorer les lois sur la protection du climat.
La Fondation allemande pour la protection des patients a réclamé un programme d'investissement de 30 milliards d'euros destiné à lutter contre la chaleur dans les hôpitaux et les maisons de retraite d'ici 2027 au plus tard. Les établissements de soins ne seraient pas préparés au réchauffement climatique ; même les mesures les plus simples, comme l'installation de stores extérieurs, feraient défaut.
Juin, le mois le plus chaud en Europe occidentale
L'observatoire climatique de l'UE Copernicus a indiqué jeudi dans un communiqué que l'Europe occidentale avait connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré. La température moyenne en Europe occidentale a atteint 20,74°C en juin, soit plus de 3°C au-dessus de la norme de la période 1991-2020, a détaillé Copernicus dans un rapport mensuel, battant le précédent record de la région, établi en juin 2025.
"Le changement climatique est en train de passer du statut de problème futur abstrait et statistique, dont on prend connaissance dans des rapports, à celui d'une réalité concrète et perturbatrice de la vie quotidienne", a analysé auprès de l'AFP Samantha Burgess, responsable stratégique des questions climatiques au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), une organisation intergouvernementale qui gère Copernicus. "L'Europe se réchauffe bien plus vite que la moyenne mondiale", a-t-elle rappelé mettant en avant les changements de circulation atmosphérique comme l'une des causes. "Les changements observés dans la circulation atmosphérique indiquent que ce phénomène va se multiplier en Europe à l'avenir. Nous assisterons donc à davantage de vagues de chaleur dans un monde plus chaud. Elles seront plus intenses, dureront plus longtemps et toucheront davantage de zones géographiques", a-t-elle ajouté.Il s'agit du deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré, tant à l'échelle mondiale qu'en Europe dans son ensemble, a indiqué Copernicus, alors que le réchauffement climatique d'origine humaine se poursuit.